RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Des dissidents chinois sont empêchés de rencontrer le président Obama; on appelle à la libération d'Aung San Suu Kyi

Le président Obama en Asie cette semaine : En Chine, il a insisté sur l’importance des voix critiques, et il a prié la Birmanie de libérer la dirigeante du mouvement démocratique en détention, Aung San Suu Kyi.
Le président Obama en Asie cette semaine : En Chine, il a insisté sur l’importance des voix critiques, et il a prié la Birmanie de libérer la dirigeante du mouvement démocratique en détention, Aung San Suu Kyi.

Stephen Crowley via The New York Times

Pendant la première visite en Asie de Barack Obama comme président des États-Unis ce mois-ci, Human Rights Watch l'a prié instamment d'inviter les dix membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ANASE), à résoudre les questions d'impunité et les contraintes importantes imposées à la liberté d'expression dans toute la région. Les groupes membres de l'IFEX invitent eux aussi le président à faire pression pour obtenir la libération des journalistes et écrivains chinois incarcérés à l'occasion de sa première visite officielle en République populaire de Chine.

Obama a rencontré des dirigeants de l'ANASE le 15 novembre, lendemain du forum annuel de L'Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), à Singapour.

Human Rights Watch a demandé au président de communiquer l'importance, pour les leaders de l'ANASE, de joindre leurs forces et de mettre la Birmanie au défi de libérer tous les prisonniers politiques, dont la dirigeante du mouvement démocratique Aung San Suu Kyi, et d'instaurer un processus politique inclusif avant les élections de 2010.

Le président a demandé personnellement au premier ministre birman, le général Thein Sein, de libérer Suu Kyi et d'autres prisonniers politiques pendant qu'il se trouvait à Singapour, rapporte Mizzima News. Mais une déclaration de l'ANASE émise après la fin du sommet ne demandait pas la libération de la dirigeante démocratique birmane, à la suite, à ce qu'il paraît, de pressions de la junte birmane.

Human Rights Watch a aussi demandé à Obama d'encourager le Viêt-nam à rehausser ses politiques en matière de droits de la personne et à commencer par relâcher les centaines de critiques non violents du gouvernement, les activistes d'églises indépendantes, les blogueurs et les défenseurs de la démocratie emprisonnés actuellement sur la foi d'accusations sans fondement d'atteinte à la sécurité nationale, rien que pour avoir exprimé leur dissidence.

Également, Human Rights Watch a lancé un appel à Obama, lui demandant de confronter directement le régime autoritaire du premier ministre du Cambodge Hun Sen, tandis que lui et d'autres officiels du parti au pouvoir ont recours à la violence, aux menaces et à la magistrature notoirement corrompue du pays pour éliminer la dissidence par l'incarcération des membres des partis d'opposition, des journalistes, des défenseurs des droits terriens et autres critiques du gouvernement.

Ailleurs dans la région, la Malaisie profite aussi de lois trop vagues sur la sécurité nationale. Le Cambodge, l'Indonésie et Singapour se servent des lois pénales sur la diffamation pour contrôler la liberté de parole, tandis que la Thaïlande recourt arbitrairement la loi sur le crime de « lèse majesté » et à la Loi sur les crimes informatiques.

En Chine, les membres de l'IFEX ont demandé que l'on n'oublie pas les droits de la personne dans les discussions sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre et les tarifs commerciaux. Les autorités chinoises comptaient qu'Obama ne soulèverait pas la question des droits de la personne, tandis que des activistes sociaux, des juristes et des critiques non violents - les gens auxquels s'allie normalement Obama - espéraient qu'il le ferait, a déclaré Human Rights Watch. Obama lui-même est écrivain et juriste spécialisé en droit constitutionnel.

Les Défenseurs chinois des droits de la personne (Chinese Human Rights Defenders, CHRD) rapportent que la police serre la vis aux dissidents à travers le pays, procédant à la détention arbitraire et recourant à l'intimidation, de sorte que les critiques ont été incapables même d'essayer de rencontrer Obama ou des journalistes étrangers. D'autres ont été sévèrement avertis de ne pas se rendre à Shanghaï et à Beijing pendant la visite du président.

Obama a tenté d'avoir une discussion franche avec des étudiants chinois à Shanghaï lors d'une rencontre avec environ 500 d'entre eux. D'après l'Institut international de la presse (IIP), Obama a répondu à une question concernant la censure de l'Internet. « J'ai toujours été grand partisan d'une utilisation ouverte de l'Internet. Je suis un grand partisan de la non-censure », a déclaré Obama. Cependant, a-t-il aussi ajouté, « Je reconnais que des pays différents ont des traditions différentes. »

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) rapporte que les autorités chinoises ont interdit sur Internet certaines questions à Obama et ont ordonné aux médias d'effacer les nouvelles sur les questions posées pendant le forum étudiant. En dépit de cet interdit, Obama a répondu à une question sur Twitter qui a passé à travers l'Internet : « Je dois être honnête, en tant que président des États-Unis, il y a des fois où je voudrais que l'information ne circule pas aussi librement parce qu'alors je n'aurais pas à écouter les gens qui me critiquent tout le temps. » D'après les dépêches, il a ajouté « parce qu'aux États-Unis, l'information est libre, et j'ai un tas de critiques aux États-Unis qui peuvent dire toutes sortes de choses sur moi, je pense en réalité que cela rend notre démocratie plus forte et que cela fait de moi un meilleur dirigeant parce que cela me force à entendre des opinions que je n'ai pas envie d'entendre. »

Dans une lettre à Obama, le Centre américain du PEN International invite le président à intervenir au nom de plus de 40 écrivains chinois en prison. Les membres de l'IFEX ont souligné plusieurs cas. Hu Jia, un reporter et blogueur pigiste et militant des droits civils, de l'environnement et de la lutte contre le SIDA, purge une peine de trois ans et demi de prison pour « incitation à la subversion ». Un écrivain intellectuel et critique littéraire renommé, Liu Xiaobo, détenu depuis décembre 2008, risque 15 ans de prison. Les autres écrivains détenus qui ont été mentionnés sont : Shi Tao, emprisonné parce qu'il aurait « laissé couler des secrets d'État »; et Du Daobin, Yang Tongyan et Zhang Jianhong, qui purgent tous de longues peines de prison.

Le PEN ajoute : « Le fait de trouver des écrivains en prison constitue un avertissement non seulement de l'état des libertés fondamentales dans un pays, mais aussi de la santé, du caractère et de la vitalité des idées en jeu et de l'aptitude des citoyens à agir sur ces idées. »

L'IIP invite Obama à se concentrer sur le lien entre la liberté de la presse et les éléments de durabilité, de pauvreté et de gouvernance, citant la famine de 1958-1961 en Chine, lors de laquelle de 23 à 30 millions de personnes ont péri. L'absence d'une presse libre et indépendante signifie que le gouvernement central croyait que ses politiques économiques fonctionnaient bien alors qu'en réalité, des millions de personnes sont mortes de faim.

De la même façon, l'issue tragique du tremblement de terre de 2008 qui a frappé la province du Sichuan, faisant plus de 80 000 morts et cinq millions de sans-abri, s'est trouvée amplifiée à cause de la mauvaise qualité des infrastructures, que la pratique du journalisme d'enquête aurait pu mettre au jour, rapporte l'IIP.

Les activistes Tan Zuoren et Huang Qi risquent d'être inculpés de subversion pour avoir enquêté sur la mort d'écoliers lors du tremblement de terre de 2008 et pour avoir affiché en ligne les renseignements qu'ils avaient récoltés, selon ce que rapportent des membres de l'IFEX. Huang Qi est toujours en prison, comme au moins 50 blogueurs et 30 journalistes à travers la Chine.

Le Centre américain du PEN International conclut ainsi sa lettre : « Nous ne vous écrivons pas pour vous suggérer comment ou quand vous devriez soulever ces affaires ou ce que vous devriez dire. Nous vous demandons seulement de ne pas vous laisser persuader par ceux qui feraient valoir qu'insister pour faire libérer les écrivains est quelque peu inefficace ou inapproprié pour l'occasion. »

Dernier Tweet :

Guinea's media regulator, the High Authority for Communication (HAC) asked to reconsider decision to suspend the ac… https://t.co/4SCREzBFCD