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UN RÉDACTEUR EN CHEF EST INCARCÉRÉ À LA SUITE D'ALLÉGATIONS FALLACIEUSES

Le rédacteur en chef d'un quotidien d'opposition en Azerbaïdjan a été condamné à quatre ans de prison pour des chefs d'accusation inspirés politiquement, disent l'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporter Freedom and Safety, IRFS), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Genimet Zakhidov, rédacteur en chef de « Azadlig » (« Liberté ») a été accusé de vandalisme et d'avoir infligé des blessures mineures, et condamné à quatre ans de prison en rapport avec une altercation survenue en novembre dernier avec un étranger.

Le verdict, rendu le 7 mars par une cour de district à Bakou, la capitale azérie, a pris par surprise les procureurs de Zakhidov et sa famille; ils n'avaient pas été informés que le juge en était arrivé à une décision et il n'y avait en cour personne pour représenter Zakhidov.

« Le gouvernement d'Azerbaïdjan tente de paralyser la presse d'opposition et d'instiller la peur chez les journalistes en prévision des prochaines élections présidentielles », dit l'IRFS.

La police a arrêté Zakhidov après qu'un homme et une femme eurent orchestré une bagarre le 7 novembre 2007 dans une rue de Bakou, près de son bureau. D'après Zakhidov, la femme, Sevgilade Guliyeva, s'est mise à crier et à l'accuser de l'avoir insultée. L'homme qui l'accompagnait, Vusal Hasanov, a ensuite tenté de l'agresser. Zakhidov s'est défendu contre Hasanov avec l'aide de personnes tout près. Hasanov et Guliyeva ont par la suite porté plainte contre le journaliste.

Quelques jours plus tard, la police invitait Zakhidov à témoigner à titre de victime d'agression; on l'a plutôt arrêté comme suspect et il est détenu depuis à titre préventif. Hasanov a été condamné à 18 mois de prison.

Zakhidov affirme que l'incident a été orchestré par les autorités en représailles à ses écrits, dans lesquels il accuse de corruption le président et d'autre personnages de haut rang de l'État.

Selon le procureur de Zakhidov, des témoins ont présenté des versions contradictoires lors du procès, et les procureurs ne sont pas parvenus à présenter à la cour quelque preuve incriminante.

Depuis quelques années, les autorités azéries font preuve de créativité dans leur utilisation du droit pénal pour domestiquer les voix importunes, dit le CPJ. Elles se détournent des accusations plus traditionnelles de diffamation et favorisent des mises en accusation plus graves comme terrorisme, incitation à la haine ethnique et possession de drogue.

Le frère cadet de Zakhidov, Sakit, est un écrivain qui travaille aussi pour « Azadlig ». Il purge depuis octobre 2006 une peine de trois ans de prison après avoir été reconnu coupable de possession de drogue, une accusation non corroborée. Son état de santé serait en train de se détériorer.

Ces deux journalistes, ainsi que « Azadlig » ont été la cible de nombreuses attaques et poursuites judiciaires intentées par des responsables de l'État. Selon IRFS, entre 2006 et 2007, « Azadlig » a été condamné à verser plus de 200 000 manats (236 500 $ US) en amendes, résultat de plusieurs « verdicts injustes et préjugés ». Le directeur du journal, Azer Ahmadov, a déclaré à l'IRFS que « le gouvernement tente depuis des années de réduire 'Azadlig' au silence. Les employés du journal ont eu droit à des passages à tabac, à différentes accusations civiles et autres pressions. (Mais) ni le journal ni sa couverture ne changeront. »

L'IRFS appelle la communauté internationale à contribuer à insister auprès du gouvernement de l'Azerbaïdjan pour qu'il libère Zakhidov immédiatement, ainsi qu'au moins trois autres journalistes également emprisonnés à tort. L'IRFS appelle aussi le Conseil de l'Europe à créer un rapporteur spécial sur les prisonniers politiques et à le dépêcher en Azerbaïdjan pour faire enquête.

Consulter les sites suivants :
- IRFS : http://www.ifex.org/fr/content/view/full/91479/
- CPJ : http://tinyurl.com/33tgpb
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=26063
(Photo de Genimet Zakhidov courtoisie de l'IRFS)

(11 mars 2008)

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