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RAPPORT CAPSULE: Les médias publics n'ont pas correctement informé les électeurs lors du scrutin présidentiel, selon RSF

(RSF/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse de RSF daté du 16 octobre 2008:

Conclusions du monitoring de la couverture médiatique du scrutin présidentiel : les médias publics n'ont pas correctement informé les électeurs

Reporters sans frontières a rendu publics les résultats de son monitoring de la couverture par les médias publics de la campagne présidentielle, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à Bakou le 14 octobre 2008. Cette étude s'inscrit dans le projet "Protection du pluralisme médiatique en période électorale", soutenu financièrement par l'Union européenne.

Les médias publics étudiés par Reporters sans frontières durant ces quatre semaines de monitoring n'ont ni analysé les programmes des candidats ni permis que se tiennent des débats approfondis et constructifs. Le président sortant et candidat à sa propre succession, Ilham Aliev, a bénéficié d'une très large couverture et donc d'une publicité massive.

C'est la presse écrite qui a suscité le plus d'inquiétudes. Elle ne cite, parmi les acteurs politiques, que le Président, la Commission électorale centrale, l'ancien président Heydar Aliev, père de l'actuel président et la Fondation du même nom. Lors de cette campagne, les médias ont privilégié la couverture du fonctionnement et des préparatifs de l'élection, occultant ainsi les candidats et le débat contradictoire.

"Nous regrettons que la campagne ait été la grande absente des médias publics. La surreprésentation du pouvoir exécutif n'a pu que peser sur le choix des électeurs. Nous regrettons que ces derniers n'aient eu accès ni à de véritables débats contradictoires entre les candidats ni à une information complète, seuls à même de les aider à faire leur choix en toute conscience", a déclaré Reporters sans frontières.

Couverture de la campagne par les télévisions

La télévision d'Etat AzTV n'a pas eu le droit de proposer un accès gratuit à ses programmes et sa couverture de l'élection a été minime. Les candidats ont totalisé entre 0,01 et 0,08 % de la couverture dans les bulletins d'informations. La Commission électorale centrale (CEC) a obtenu 4,46 % du temps d'antenne. Le président actuel a été l'acteur politique le plus cité, avec 44,14 % du temps alloué. En comparaison, le Parlement a bénéficié de 3,30 % et la Fondation Heydar Aliev de 13,28 % de la couverture de la campagne dans les bulletins d'informations. Le développement des infrastructures (26,09 %) et la culture (18,84 %) figurent parmi les sujets proposés. Le processus électoral et les activités diplomatiques (9,42 %) ont également bénéficié d'une couverture importante. La chaîne publique ITV a l'obligation de fournir un temps d'accès gratuit aux candidats et de se conformer au règlement. Son traitement de la campagne a été équitable bien que marginal (entre 0,10 et 0,42 %). Près de la moitié (49,32 %) des reportages ne concernaient pas les acteurs politiques. Les autres acteurs politiques cités sont plus ou moins les mêmes que sur les autres chaînes : les autres Etats (12,73 %), la CEC (6,88 %) et les autres ministres (5,18 %).

Couverture de la campagne par les radios

La radio publique IR et la radio d'Etat AzR ont toutes deux offert une couverture médiatique aux candidats dans leurs bulletins d'informations, mais de façon minime. Les deux radios ont proposé divers sujets, tels que les droits de l'homme, les relations interethniques, les mesures anticorruption, les réformes économiques, les questions de sécurité. Dans leur couverture des acteurs politiques, les deux radios ont privilégié les ministres (15,97 et 19,44 % respectivement), les autres Etats (12,25 %) et la Commission électorale centrale (11,27 %).

Couverture de la campagne par la presse écrite

C'est la presse écrite d'Etat qui a éveillé le plus d'inquiétude lors du monitoring. La couverture de la campagne y est infime et reléguée à l'espace gratuit. Le Président est omniprésent, tant dans les articles que dans les photographies : 62,49 % de Bakinskii Rabochii, 56,89 % de Respublika, 57,12 % d'Azerbaijan et 55 % de Halq. Les autres acteurs majoritairement cités sont l'ancien président Heydar Aliev, la CEC, le Parlement et les ministres.

Pour lire le rapport intégral, cliquer ici: http://www.rsf.org/article.php3?id_article=28971

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