RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Un rédacteur meurt en détention

Le journaliste azerbaïdjanais Novruzali Mammadov est mort le 17 août pendant qu'il purgeait une peine de dix ans de prison pour de crimes « fallacieux » d'espionnage
Le journaliste azerbaïdjanais Novruzali Mammadov est mort le 17 août pendant qu'il purgeait une peine de dix ans de prison pour de crimes « fallacieux » d'espionnage

IRFS

L'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporters' Freedom and Safety, IRFS), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Human Rights Watch et ARTICLE 19 s'interrogent sur le décès d'un journaliste azéri mort en détention, et indiquent qu'une attention médicale insuffisante pourrait avoir contribué à son décès.

Novruzali Mammadov, 68 ans, ancien rédacteur en chef du « Tolishi Sado » (La Voix de Talysh) et bruyant défenseur des droits de la personne de la minorité talysh, est mort le 17 août pendant qu'il purgeait une peine de dix ans de prison pour des crimes « fallacieux » d'espionnage.

La santé de Mammadov s'est détériorée tout au long de son incarcération, surtout lorsqu'il s'est trouvé en isolement cellulaire, disent les membres de l'IFEX, tandis que le gouvernement négligeait de lui accorder une libération anticipée. Bien qu'un tribunal de Bakou eut accédé en mars à l'appel de Mammadov d'être transféré dans un établissement de santé, celui-ci n'a été effectivement transféré que le 28 juillet, et alors seulement dans un hôpital carcéral.

Selon le CPJ, Mammadov a dit à son avocat qu'il souffrait d'un certain nombre de maladies, notamment d'hypertension, de bronchite, de névrite et d'une tumeur à la prostate.

D'après l'IRFS, l'Hôpital central des Services pénitentiaires du Ministère de la Justice a déclaré que Mammadov avait succombé à une thrombose cérébrale massive.

L'IRFS condamne le gouvernement d'Azerbaïdjan pour sa « mort mystérieuse » et croit que la vie d'autres journalistes et blogueurs emprisonnés est en danger. Faina Kungurova, militante politique arrêtée pour des raisons politiques, est décédée elle aussi à l'Hôpital du Ministère de la Justice en octobre 2007.

Mammadov était détenu depuis février 2007, d'abord sur la base de l'accusation bidon d'avoir résisté à son arrestation, accusation remplacée par une autre, de trahison, indique le CPJ. Le journal « Tolishi Sado » a fermé après son arrestation.

Les groupes locaux et internationaux de défense des droits estiment que ces accusations ont des motifs politiques, surtout parce que le procès était fermé au public et parce que la preuve contre Mammadov n'a jamais été rendue publique. D'après les sources du CPJ, l'affaire repose sur une allégation selon laquelle Mammadov aurait reçu de l'argent venu d'Iran pour publier le « Tolishi Sado ».

« La pratique qui consiste à incarcérer à tort les journalistes, puis de les garder en prison pendant que leur santé se dégrade, constitue un châtiment cruel et un outil inacceptable dans la stratégie du gouvernement en vue de limiter la liberté d'expression », dit ARTICLE 19.

ARTICLE 19 presse le gouvernement de rendre publique la liste des troubles médicaux qui pourraient justifier la libération anticipée d'un prisonnier, et de libérer tous les journalistes qui sont injustement emprisonnés.

Selon l'Institut international de la presse (IIP), l'Azerbaïdjan est le pire geôlier de journalistes d'Europe, tandis qu'au moins quatre autres journalistes azéris purgent actuellement des peines de prison que les organisations internationales et intergouvernementales dénoncent comme injustes.

ADDITIONAL INFORMATION
Ressources additionnelles


Dernier Tweet :

Grandes plataformas de Internet son nuevos “gatekeepers” que amenazan la libertad de expresión con regulación priva… https://t.co/dUNsq4L0DA