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Un journaliste emprisonné fait la grève de la faim; la Cour européenne ordonne sa remise en liberté

Un journaliste azéri emprisonné a entrepris une grève de la faim le 2 juin afin d'attirer l'attention sur une décision de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) rendue en avril et disposant qu'il devait être remis en liberté immédiatement, rapportent l'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporters' Freedom and Safety, IRFS) et Reporters sans frontières (RSF). La CEDH a statué que le journaliste avait été emprisonné à tort pour avoir exercé son droit à la libre expression. La semaine dernière, Index on Censorship et ARTICLE 19 se sont joints à d'autres groupes de défense des droits dans une manifestation qui demandait que l'on mette fin à ses persécutions. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité mondial pour la liberté de la presse (WPFC) et d'autres groupes membres de l'IFEX prient le gouvernement de l'Azerbaïdjan de se conformer à la décision de la CEDH.

Le rédacteur en chef des journaux « Gundelik Azerbaijan » et « Realniy Azerbaijan », Eynulla Fatullaïev, est incarcéré depuis 2007 parce qu'il a écrit un article qui accusait des officiels de haut rang d'être à l'origine du meurtre, en 2005, du journaliste azéri Elmar Huseynov, et d'autres articles critiques des politiques du gouvernement. Les journaux ont cessé de paraître après l'arrestation de Fatullaïev. Le rédacteur de 33 ans purge actuellement une peine de huit ans et demi de prison pour des crimes fictifs de terrorisme, diffamation, incitation à la haine ethnique et évasion fiscale.

Lors d'une audition le 2 juin, Fatullaïev a déclaré qu'il avait entrepris une grève de la faim pour savoir si le président Ilham Aliïev est au courant ou non de la décision de la CEDH, indique l'IRFS. En dépit du fait que l'Azerbaïdjan est partie prenante à la Convention européenne des droits de l'homme, les autorités du pays font valoir que la CEDH n'avait pas le droit de donner des ordres aux tribunaux d'Azerbaïdjan, dit ARTICLE 19. Fatullaïev a mis fin à sa grève de la faim après plusieurs jours, après avoir reçu la visite d'un officiel qui lui a dit que le président avait été informé de sa situation, selon ce que rapporte RSF.

Après que la CEDH eut révisé son cas, Fatullaïev a été inculpé de possession d'héroïne en décembre dernier - une accusation considérée comme fabriquée de toutes pièces destinée à le garder derrière les barreaux et à contrer toute décision de la CEDH. S'il est reconnu coupable des accusations liées à la drogue, les autorités pourront le garder en prison pendant encore trois ans.

Index on Censorship, ARTICLE 19, le PEN d'Angleterre et Amnistie Internationale-Royaume-Uni ont protesté le 3 juin à l'extérieur de l'ambassade d'Azerbaïdjan à Londres, et ont demandé la libération de Fatullaïev. Les groupes ont en outre présenté une lettre à l'ambassade, dans laquelle ils demandent l'abandon des accusations portées contre lui pour des motifs politiques.

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