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Les « ânes blogueurs » sont libérés

Photo non datée tirée de la bande vidéo controversée des « ânes blogueurs »
Photo non datée tirée de la bande vidéo controversée des « ânes blogueurs »

Azerbaijani OL (To Be) Youth Movement

L'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporters' Freedom and Safety, IRFS), ainsi que d'autres groupes membres de l'IFEX accueillent favorablement la décision de l'Azerbaïdjan la semaine dernière de libérer deux blogueurs d'opposition dont l'incarcération avait déclenché un tollé international. Mais il y a d'autres activistes et journalistes toujours en prison qui devraient eux aussi être libérés immédiatement, disent les membres de l'IFEX.

Emin Milli a été remis en liberté anticipée le 19 novembre, le lendemain du jour où un autre blogueur, Adnan Hajizade, a été lui aussi libéré de manière anticipée par la Cour d'appel de Bakou.

Les deux blogueurs ont été accusés en novembre 2009 de vandalisme : Hajizade a été condamné à deux ans de prison et Milli à deux ans et demi.

Les accusations avaient trait à une bagarre survenue dans un restaurant peu après que les blogueurs eurent affiché une vidéo satirique présentant un âne donnant une conférence de presse - où on se moquait de l'importation récente par l'Azerbaïdjan d'ânes de l'étranger à des prix excessivement élevés.

Les « ânes blogueurs » affirment que les charges étaient des tentatives politiques pour faire taire leurs critiques des autorités et qu'elles ne servaient qu'à envoyer un avertissement aux autres activistes d'opposition. Leur affaire a attiré les critiques de partout dans le monde, y compris du Président Barack Obama des États-Unis, qui a soulevé la question auprès du Président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliyev en septembre.

Par ailleurs, le populaire rédacteur Eynulla Fatullaïev est toujours incarcéré - en dépit d'une décision de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) en avril, qui exigeait sa remise en liberté, selon ce que rapportent l'IRFS, le Centre pour le journalisme en situations extrêmes (Center for Journalism in Extreme Situations, CJES) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Plus tôt ce mois-ci, la Cour suprême d'Azerbaïdjan abandonnait les charges criminelles contre Fatullaïev mais a refusé de le libérer immédiatement - en donnant comme explication qu'il doit demeurer en détention tandis qu'il interjette appel d'une condamnation distincte en matière de drogue.

Fatullaïev purgeait une peine de huit ans et demi de prison après avoir écrit un article dans lequel il affirmait que l'Azerbaïdjan pourrait appuyer une attaque des États-Unis contre l'Iran voisin. Il a été trouvé coupable d'avoir fait une menace terroriste, d'incitation au conflit ethnique et d'évasion fiscale. En juillet, il a aussi été condamné à 30 mois de prison sur des accusations distinctes de possession de drogue, accusations qu'il affirme être inventées de toutes pièces.

« Personne n'est dupe de ces tactiques dilatoires. La dernière décision de la Cour d'appel de Bakou de garder notre collègue en prison en attendant l'issue de l'affaire de drogue était de manière flagrante taillée sur mesure pour défier l'ordonnance de la Cour européenne des droits de l'homme », dit le CPJ.

ARTICLE 19 demande également la remise en liberté du militant de la jeunesse Ruslan Bashirli.

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    Le rédacteur azerbaïdjanais Eynulla Fatullaïev croupit en prison depuis avril 2007 sur la foi d'accusations bidon - en dépit d'un jugement de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) cette année qui exigeait sa remise en liberté, selon ce que rapporte l'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporters' Freedom and Safety, IRFS). Cette affaire met en lumière l'échec du gouvernement azerbaïdjanais, incapable de se conformer à ses engagements internationaux en matière de libre expression - et risque de saper la légitimité des élections du 7 novembre, disent les membres de l'IFEX, dont six groupes sont revenus récemment d'une mission d'étude conjointe sur la situation de la libre expression dans le pays.



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