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Une permanente de l'IRFS et une journaliste pigiste sont agressées

Celia Davies, troisième à partir de la gauche, parmi d'autres membres de l'IFEX lors de la conférence de l'IFEX à Beyrouth au début du mois
Celia Davies, troisième à partir de la gauche, parmi d'autres membres de l'IFEX lors de la conférence de l'IFEX à Beyrouth au début du mois

Au début du mois, de nombreux membres de l'IFEX ont rencontré Celia Davies, une Britannique qui travaille comme permanente à l'Institut pour la liberté et la sûreté des reporters (Institute for Reporters' Freedom and Safety, IRFS) d'Azerbaïdjan, pour la première fois à la conférence de l'IFEX à Beyrouth. Le choc n'a été que plus violent la semaine dernière, lorsque Davies et la journaliste pigiste américaine Amanda Erickson ont été gravement tabassées tandis qu'elles rentraient chez elles - vraisemblablement à cause de leur travail de défense des droits de la personne, dit l'IRFS.

Davies et Erickson dirigeaient toutes deux des programmes de formation pour les journalistes locaux et les militants de la société civile, dit IRFS. Erickson a travaillé en outre pour le « Washington Post » et le « New York Times ».

Quatre hommes ont suivi et agressé Erickson et Davies vers minuit le 15 juin à l'extérieur de leur immeuble résidentiel de Bakou. D'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Davies a subi une fracture à un bras, tandis qu'Erickson a subi de nombreuses contusions, qui ont nécessité leur hospitalisation.

Aucun bien de valeur n'ayant été dérobé, le mobile de l'agression demeure nébuleux.

« Je crois qu'il ne s'agit pas d'un geste criminel ordinaire. Il y a plusieurs mobiles possibles, dont celui qu'il s'agissait d'intimider des journalistes étrangers et des défenseurs des droits de la personne », a déclaré le directeur de l'IRFS, Emin Huseynov.

Immédiatement après l'incident, « Yeni Azerbaijan », le journal officiel du Nouveau parti de l'Azerbaïdjan (YAP), au pouvoir, a publié un article « diffamatoire » contre l'IRFS et Huseynov.

D'après Huseynov, le gouvernement azerbaïdjanais a, au cours des six derniers mois, rendu extrêmement difficiles les conditions d'attribution de visa pour les étrangers qui veulent entrer en Azerbaïdjan et a même détenu et déporté d'Azerbaïdjan des journalistes qui avaient des visas valides.

De plus, des officiels ont aussi fermé des ONG étrangères, notamment le National Democratic Institute et le Human Rights House Network, a-t-il dit.

« Si le gouvernement d'Azerbaïdjan n'est pour rien dans cet incident et s'il est intéressé à résoudre ce crime, il doit agir rapidement et trouver les auteurs de cette agression. Il doit en outre créer un environnement de travail sûr pour les défenseurs étrangers des droits de la personne et les journalistes », dit Huseynov.

Selon Freedom House, les attaques contre les journalistes ne sont pas rares en Azerbaïdjan, et la plupart des agresseurs ne sont jamais traduits en justice, ce qui entraîne un degré élevé d'autocensure et un climat de peur.

En même temps, l'agression a eu lieu pendant la visite en Azerbaïdjan de Thomas Melia, sous-secrétaire adjoint des États-Unis pour les Droits de la personne et le Travail, a indiqué le CPJ. Selon Huseynov, Melia a reçu un briefing au sujet de l'agression et l'Ambassade des États-Unis à Bakou suit de près l'évolution de cette affaire.

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