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Le journaliste Ilgar Nasibov violemment agressé en Azerbaïdjan

Sa femme, Malahat Nasibova, journaliste également, soupçonne les autorités.

Le journaliste et défenseur des droits de l'homme Ilgar Nasibov a été violemment agressé le 21 août 2014 dans la capitale de la république autonome du Nakhitchevan. Correspondant pour Radio Free Europe et l'agence d'information indépendante Turan, Ilgar Nasibov travaille également pour le Centre de ressources pour la promotion des ONG et la démocratie. Dans la soirée du 21 août, il a été retrouvé gisant par terre, inconscient, en sang, dans les locaux saccagés de l'organisation. En soins intensifs, il souffre de plusieurs commotions et de fractures du nez, des pommettes et des côtes. Malgré douze points de suture sur le visage et le crâne, il continuait à perdre beaucoup de sang douze heures après l'agression. Les médecins craignent une hémorragie cérébrale.

Sa femme, Malahat Nasibova, journaliste indépendante qui collabore notamment avec Turan, déclare publiquement ignorer les raisons de l'agression, mais elle suspecte les autorités azerbaïdjanaises : “cette attaque s'inscrit dans la vague de répression contre la société civile qui a récemment commencé en Azerbaïdjan”. L'épouse d'Ilgar Nasibov avait souligné en 2011 que la république autonome était un “laboratoire de la répression” : “les méthodes répressives 'testées' au Nakhitchevan ont ensuite été appliquées à grande échelle dans l'ensemble de l'Azerbaïdjan.” Alors qu' Ilgar Nasibov a été condamné à un an de prison pour diffamation en 2007, le couple est régulièrement menacé. La serrure de leur domicile avait encore été forcée le 6 août.

“Nous sommes profondément horrifiés par cet acte de violence à l'encontre d'Ilgar Nasibov, déclare Christophe Deloire, secératire général de Reporters sans frontières. Si les soupçons de son épouse concernant la responsabilité des autorités azerbaïdjanaises dans cette agression sauvage sont avérés, un seuil de violence intolérable aura été franchi dans leur tentative de faire taire les dernières voix critiques du pays. Dans tous les cas, la lumière totale doit être faite sur cette attaque sanglante et les coupables punis. Nous exhortons la communauté internationale à réagir pour que cette violence ne puisse pas se banaliser”.

L'Azerbaïdjan, qui figure déjà à la 160e place sur 180 du Classement 2014 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, est secoué depuis fin juillet par une campagne de répression sans précédent à l'encontre de la société civile, des journalistes indépendants et de plusieurs organisations de soutien aux médias. Le Nakhitchevan, enclave azerbaïdjanaise entre l'Arménie, l'Iran et la Turquie, est connu pour les violences qui y sont commises à l'encontre des journalistes.

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