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LES MEMBRES DE L'IFEX CONDAMNENT LE HARCÈLEMENT DES DÉFENSEURS DES DROITS DE LA PERSONNE

Lors d'une activité concernant la défense des droits de la personne qui se tenait à Washington le mois dernier, Nabeel Rajab, chef du Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR), groupe membre de l'IFEX, ainsi que deux autres défenseurs des droits de la personne ont discuté de la façon dont les citoyens chiites de Bahreïn sont continuellement exclus et réduits au silence - exclus des emplois gouvernementaux, des meilleures possibilités d'éducation, des médias et des lieux de culte.

Lorsque ces militants sont rentrés chez eux, ils ont été traités dans les médias de « traîtres à Bahreïn » et de « fantoches des États-Unis » - par des membres de leur propre gouvernement.

Vingt-quatre groupes membres et partenaires de l'IFEX lancent un appel à la solidarité avec ces trois défenseurs des droits de la personne, pour le respect des assurances du gouvernement, selon qui ils sont libres de poursuivre leur travail sans crainte d'intimidation ou de représailles.

Rajab, de même que Abduljalil Alsingace, le chef de l'Unité des droits de la personne au sein du Mouvement des libertés et de la démocratie (Movement of civil liberties and democracy, HAQ), et Maryam Alkhawaja, qui milite auprès des jeunes et est membre du BCHR, ont été invités à informer certains membres du Congrès américain sur la façon dont les réformes politiques affectent la liberté religieuse à Bahreïn.

Depuis leur participation à l'événement du 15 octobre, ils ont été soumis à une campagne de diffamation dans les médias contrôlés par l'État et dans des lieux de culte. Les députés, chroniqueurs et rédacteurs des journaux arabes locaux, ainsi que des déclarations et des sermons dans les mosquées et les centres religieux, ont déclaré que leurs activités de défense des droits de la personne constituaient un appel aux étrangers pour qu'ils s'immiscent dans les affaires locales, et qu'ils devaient être punis sévèrement. Certains ont même demandé leur incarcération ou qu'ils fussent traduits devant les tribunaux pour sédition.

Les membres de l'IFEX se disent « alarmés » par un tel discours, un tel niveau de provocation et d'intimidation dans les articles, et déclarent que le gouvernement est aussi à blâmer. « Une telle campagne est encouragée par le silence des autorités et de l'establishment judiciaire, qui devraient répondre... comme ils le feraient si une campagne similaire était entreprise contre de hauts dignitaires, des membres du gouvernement ou la famille régnante », ont déclaré les groupes.

Le ministre de l'Intérieur de Bahreïn, Shaikh Rashid Bin Abdalla al-Khalifa, a depuis exigé l'application rigoureuse de l'article 34 du code pénal de Bahreïn, selon ce qu'indique ARTICLE 19. L'article souligne que des citoyens ayant assisté à des rencontres ou à des conférences à l'étranger, ou ayant rencontré des représentants d'organismes étrangers pour discuter des affaires intérieures de Bahreïn sont passibles de trois mois de prison et d'une amende, rien de moins.

« La déclaration du ministre constitue une tentative pour faire taire les défenseurs des droits de la personne et entrave gravement la liberté d'expression à Bahreïn. ARTICLE 19 se dit profondément préoccupé par les articles du code pénal de Bahreïn, qui privent les Bahreïnites du droit à la liberté d'expression », déclare ARTICLE 19.

Le cas des trois défenseurs des droits n'est pas isolé. D'après des rapports de groupes des droits de la personne remis en avril au Bureau de la Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'homme, « à Bahreïn, les menaces, les mauvais traitements, la torture et toutes les formes d'intimidation et de harcèlement sont réservés depuis quelques années aux défenseurs des droits de la personne ».

ARTICLE 19 mentionne Mohammed Abdul Nabi al-Maskati, fondateur de la Société des jeunes de Bahreïn pour les droits de la personne (Bahrain Youth Society for Human Rights, BYSHR), un groupe de jeunes conçu pour encourager les jeunes gens à s'instruire sur les droits de la personne et à les promouvoir conformément aux normes internationales. Il risque six mois de prison ou une forte amende pour « avoir dirigé une association sans permis » - même s'il a tenté, en juin 2005, d'enregistrer le groupe comme ONG. Il doit comparaître devant le tribunal en janvier.

Front Line, une fondation internationale de protection des défenseurs des droits de la personne, a organisé une campagne épistolaire pour qu'on intervienne au nom des militants bahreïnites. Copiez la lettre ici et faites-la parvenir aux adresses indiquées : http://www.frontlinedefenders.org/node/1617/action

Consulter également les sites suivants :
- Action conjointe de l'IFEX : http://tinyurl.com/6edpxp
- BCHR : http://www.bahrainrights.org/en
- ARTICLE 19 : http://tinyurl.com/5f2z65
- Front Line : http://www.frontlinedefenders.org/fr/bahrain
(12 novembre 2008)

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