RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

À la suite d'un tollé international, le roi gracie des centaines de militants

BCHR

Le Roi de Bahreïn a gracié 178 personnes inculpées d'avoir attenté à la sécurité de l'État, notamment 35 militants chiites dont l'arrestation avait déclenché de violentes manifestations de protestation et attiré l'attention internationale, rapporte le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR).

D'après les nouvelles, le ministère de l'Intérieur a annoncé l'amnistie le week-end dernier. Un porte-parole du gouvernement a déclaré par la suite que parmi les personnes graciées se trouvaient 35 militants chiites qui subissaient un procès depuis février pour répondre à l'accusation de tentative de renversement de l'État.

Parmi ces trente-cinq militants se trouve Hassan Mushaima, chef du Haq, un mouvement d'opposition essentiellement chiite, le porte-parole du Haq, Abdeljalil Alsingace, et le dirigeant religieux chiite Mohammed al-Maqdad.

Plus de 1 500 Bahreïnis ont tenu des manifestations en février pour exiger leur libération, tandis que les groupes de défense des droits se sont plaints que leur procès était vicié.

L'éminent défenseur des droits Abdul Hadi al-Khawaja, ancien président du BCHR, a lui aussi été gracié. Il avait été accusé l'an dernier d'« incitation à la haine du régime et (de) répandre des rumeurs afin de perturber la sécurité », à la suite d'un discours dans lequel il s'était montré très critique à l'égard du gouvernement.

Nabeel Rajab, chef du BCHR, qui a suivi de près le procès d'al-Khawaja au nom de Human Rights Watch, a déclaré à Reuters que la grâce faisait suite à des pressions internationales sans précédent sur Bahreïn, dont le gouvernement avait sous-estimé le degré d'opposition populaire aux arrestations.

« Cela va contribuer à diminuer la tension pendant les prochaines semaines », dit Rajab. « Mais si ce n'est pas suivi par des mesures pour mettre fin à la... crise politique et des droits de la personne, à savoir la discrimination à l'encontre des (chiites), (ce genre de) situation va se reproduire. »

Le BCHR exige une enquête indépendante sur la campagne d'arrestations et les procès, et que des chefs d'accusation soient portés contre les responsables des violations, ainsi que des réparations pour les victimes et leurs familles.

Le BCHR recommande en outre des mesures plus étendues, notamment la réforme des lois sur le terrorisme et la dissolution de l'appareil de la Sécurité nationale.

En 1995, les chiites ont mené une série de violentes manifestations de protestation pour exiger des réformes. Les troubles se sont apaisés en 1998 après que le Roi Hamad bin Isa al-Khalifa eut entrepris des réformes politiques et économiques d'importance historique, dont la grâce accordée aux prisonniers et militants en exil.

L'opposition chiite attribue l'agitation à des griefs comme la marginalisation qui les frappe dans l'emploi et les services, une accusation que nient les responsables du gouvernement.

Par ailleurs, le BCHR rapporte également que le gouvernement a augmenté cette semaine le nombre des sites web et des blogues bloqués actuellement dans le pays, y compris le site web du BCHR.

Dernier Tweet :

On this the 3rd EU Day Against Impunity, let's remember that every day citizens, journalists, artists & activists a… https://t.co/o7oeVb03s5