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La répression des défenseurs des droits en dit long sur la torture et la discrimination

Le défenseur bahreïni des droits Abdul-Jalil Al-Singace est emprisonné à cause de ses critiques des politiques du régime : arrestations arbitraires, torture et discrimination.
Le défenseur bahreïni des droits Abdul-Jalil Al-Singace est emprisonné à cause de ses critiques des politiques du régime : arrestations arbitraires, torture et discrimination.

Kristina Stockwood

Quatre défenseurs bahreïnis des droits de la personne sont au nombre des personnes incarcérées récemment, détenues au secret et inculpées d'incitation à la violence et au terrorisme, rapportent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR) et d'autres membres de l'IFEX. Vingt-six groupes de défense des droits de la personne, dont l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights, CIHRS), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et le BCHR, affirment que la loi pour contrer le terrorisme sert à criminaliser la libre expression et à écraser la dissidence à l'approche des élections qui se dérouleront le 23 octobre.

Abdul-Jalil Al-Singace a été arrêté le 13 août après être rentré de Londres où il a pris la parole devant la Chambre des Lords au sujet de l'accroissement du nombre des violations des droits de la personne et de la dégradation de l'environnement à BahreÏn. Il a également critiqué le recours systématique à la torture dans les prisons et la discrimination contre la population chiite du pays. Al-Singace, qui anime un blogue, dirige le bureau des droits de la personne du Mouvement Haq des Droits et Libertés (Haq Movement for Rights and Liberties), qui s'est prononcé en faveur du boycottage des élections, et enseigne à l'Université de BahreÏn. Il éprouve de la difficulté à se déplacer sans son fauteuil roulant ou des béquilles et prend des médicaments qu'il n'a pas pu emporter avec lui en prison.

Abdul-Ghani Al-Khanjjar a été arrêté le 15 août après avoir participé au même colloque que Al-Singace à Londres. Al-Khanjjar dirige le Comité national des Martyrs et des Victimes de torture, qui documente les cas de torture. Il est en outre porte-parole de la Coalition de Bahreïn pour la Vérité et l'équité (Bahraini Coalition for Truth and Equity), composée de 11 groupes politiques et de défense des droits de la personne de Bahreïn.

Le BCHR rapporte le 17 août que le Dr. Mohammed Saeed Al-Sahlawi membre du Conseil d'administration, ainsi qu'un autre défenseur des droits, Jaffar Ahmed Jassim Al-Hisabi, ont été arrêtés. Al-Sahlawi a déjà été arrêté et incarcéré dans le passé pour avoir exigé des changements politiques. Al-Hisabi vit au Royaume-Uni depuis 15 ans et il a été interpellé à l'aéroport de Bahreïn, au retour d'un voyage en Iran; il est connu pour sa participation à des protestations au Royaume-Uni pour exiger la libération de détenus.

Pendant cette période, quatre activistes religieux et politiques ont aussi été arrêtés : Sheikh Mohammed Al-Moqdad, Sheikh Saeed Al-Nori, Sheikh Mirza Al-Mahroos et Sheikh Abdulhadi Al-Mukhuder.

Tous ces activistes sont détenus en des lieux inconnus et leurs familles et leurs procureurs sont empêchés de leur rendre visite. « Nous craignons qu'ils ne soient maltraités ou torturés dans leurs lieux de détention », disent les 26 groupes de défense des droits. Les autorités bahreïnies s'apprêtent à les inculper en vertu de la Loi antiterroriste de Bahreïn, loi dénoncée par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la protection et la promotion des libertés fondamentales tout en contrant le terrorisme.

Les arrestations arbitraires ont suscité une vague de protestations qui a été brutalement réprimée au moyen de bombes assourdissantes, de gaz lacrymogènes, de balles de caoutchouc et par la violence physique. Certains membres de la famille d'Al-Singace ont été retirés par la force de l'aéroport de Bahreïn après avoir entrepris un sit-in de protestation contre son arrestation. Le même jour, les forces de sécurité ont dispersé violemment le rassemblement pacifique de dizaines de personnes, parmi lesquelles se trouvaient des défenseurs des droits, qui exprimaient leur solidarité avec Al-Singace devant son domicile. La soeur d'Al-Singace a été blessée par une balle de caoutchouc. Plusieurs communautés du pays ont manifesté contre les politiques du régime, lesquelles consistent en arrestations arbitraires, torture, discrimination et descentes contre les villages effectuées par les forces de sécurité.

Par ailleurs, les médias qui appartiennent à l'État ont déclenché une campagne de diffamation contre les activistes. Le groupe Human Rights Watch rapporte également que, le 15 août, l'agence de nouvelles Bahrain News Agency, dirigée par l'État, a cité une source à l'Agence Nationale de Sécurité selon laquelle Al-Khanjjar, Al-Nori et Al-Moqdad ont été arrêtés à cause d'activités visant à « miner la sécurité et la stabilité dans le pays ».

L'État resserre son emprise sur le processus électoral en prévision des élections parlementaires et municipales prévues pour la fin octobre 2010, indique l'action commune, afin de marginaliser politiquement la majorité chiite. Tous les activistes ciblés sont chiites.

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