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Une répression historique suscite des mesures brutales contre les défenseurs des droits de la personne

Le président du BCHR Nabeel Rajab est photographié lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme sur la situation à Bahreïn, organisé par le CIHRS.
Le président du BCHR Nabeel Rajab est photographié lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme sur la situation à Bahreïn, organisé par le CIHRS.

CIHRS

Des centaines d'activistes politiques bahreïnis, de défenseurs des droits de la personne et de personnalités religieuses chiites ont été arrêtés ces derniers mois - un grand nombre d'entre eux ont été torturés en détention - à l'occasion de la pire vague de répression de la libre expression ayant jamais été déclenchée dans le pays, selon ce que rapportent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR), l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI) et Human Rights Watch. Les autorités bloquent de nombreux sites web, font taire des groupes indépendants de défense des droits et menacent les défenseurs des droits qui critiquent la torture infligée à des activistes éminents.

Le silence de la communauté international au sujet des mesures répressives en cours à Bahreïn ne font que constituer un appui tacite aux autorités pour qu'elles continuent à étouffer les voix dissidentes qui sont des surveillants potentiels des élections parlementaires du 23 octobre, disent 26 groupes de défense des droits, dont le BCHR, le CIHRS, l'ANHRI et l'Organisation égyptienne de défense des droits de la personne (Egyptian Organization for Human Rights, EOHR). On s'attend généralement à des violations lors de la tenue du scrutin, si l'on en croit le modèle déjà bien établi de marginalisation politique des communautés chiite et d'opposition.

Afin d'empêcher la publication d'informations indépendantes et critiques, l'Autorité de Bahreïn sur les informations (Bahrain Information Affairs Authority) censure le site web de la société politique la plus importante du pays, la Société Al-Wefaq. Cette organisation avait annoncé récemment qu'elle s'apprêtait à inaugurer sur son site web un service audio-visuel, ainsi que son intention de participer aux élections.

On assiste à une campagne systématique en vue d'instaurer un black-out complet des médias, dit le BCHR. Parmi les sites web bloqués se trouve BahraniNet.net, connu pour sa couverture rapide des médias et ses photos des manifestations. La plupart des sites web bloqués sont des forums de discussion qui appartiennent à des villages chiites qui continuent à traiter des troubles et des arrestations des manifestants.

L'Autorité de Bahreïn sur les informations a en outre banni la publication d'informations sur les activistes détenus et a ordonné à toutes les organisations de la société civile d'appuyer le régime ou de subir des mesures de harcèlement. À la suite de cette intense répression, le BCHR et la Société des jeunes de Bahreïn pour les droits de la personne (Bahreïn Youth Society for Human Rights, BYSHR) ont été contraints de se relocaliser temporairement en Europe. On empêche de voyager certains défenseurs des droits de la personne, notamment Nabeel Rajab du BCHR et Laila Dashti de la BYSHR, qui devaient participer la semaine dernière à la 15e séance du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, où le CIHRS organisait des événements sur Bahreïn, dont la présentation d'une intervention orale devant le Conseil.

Le ministre du Développement et de la Solidarité sociale a émis un décret pour dissoudre le conseil d'administration de l'Association de Bahreïn pour la défense des droits de la personne (Bahraini Association for Human Rights) et d'en remplacer le président élu par un officier du gouvernement - ce qui garantit la mainmise du gouvernement sur l'organisation. Cette décision survient après que l'organisation eut exprimé sa solidarité avec les victimes de la répression. La société a fait plusieurs déclarations affirmant les doits fondamentaux des détenus, notamment l'accès à des juristes et aux membres de la famille et leur droit à un jugement équitable.

Le BCHR et d'autres groupes locaux de défense des droits de la personne ont aussi fortement critiqué le traitement par le gouvernement des détenus et ont publié des dossiers indiquant que les forces de sécurité pratiquent la torture.

Human Rights Watch en appelle au Roi Hamad bin Isa Al Khalifa pour qu'il ordonne la tenue d'une enquête indépendante sur les allégations récentes de torture et de mauvais traitements infligés à d'éminents dirigeants de l'opposition et de manifestants par les forces de sécurité. L'arrestation récente de dirigeants de l'opposition et de militants est liée à leurs critiques des politiques du gouvernement.

En réponse à la répression, l'organisation de défense des droits Front Line ont dépêché à Bahreïn une mission qui a terminé son mandat le 29 septembre. La mission s'est concentrée sur le cas du blogueur incarcéré et défenseur des droits de la personne Ali Abdulemam, détenu au secret depuis trois semaines, à qui on refuse jusqu'à un appel téléphonique.

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