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Les élections se déroulent au milieu d'une répression sans précédent

De gauche à droite, Mohamed Said, membre du bureau du BCHR, et les blogueurs Ali Abdulemam et Abdul-Jalil Al-Singace.
De gauche à droite, Mohamed Said, membre du bureau du BCHR, et les blogueurs Ali Abdulemam et Abdul-Jalil Al-Singace.

ANHRI

Des milliers d'électeurs de Bahreïn sont allés voter la semaine dernière à des élections parlementaires et municipales, tandis que s'exprimaient des préoccupations au sujet d'irrégularités et d'une répression sécuritaire constante exercée contre des personnalités et des blogueurs de l'opposition chiite, selon ce que rapportent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Centre for Human Rights, BCHR), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et Human Rights Watch. Les procès des militants détenus doivent débuter cette semaine.

D'après les dépêches, le groupe local de Transparency Bahrain rapportait une affaire où environ 1 000 électeurs auraient été empêchés de voter parce que leur nom avait disparu du registre original des électeurs. Aussi, Transparency Bahrain a constaté que la police antiémeute avait été déployée dans les villages avant et pendant le scrutin, surtout dans des endroits où se présentaient des candidats de l'opposition. En dépit de la répression, les chiites ont réalisé des gains modestes dans l'élection.

Ce ne sont là que des nouvelles dont on a eu vent. Les observateurs du scrutin n'ont jamais eu vraiment la chance (de faire leur travail), disent l'ANHRI et le BCHR. Les autorités ont refusé les offres d'observateurs internationaux, et elles ont dissous le bureau de l'Association de Bahreïn pour la défense des droits de la personne (Bahraini Association for Human Rights), seul groupe local indépendant de défense des droits de la personne autorisé à surveiller le déroulement du scrutin. À la place du bureau, le gouvernement a désigné un fonctionnaire du ministère.

L'Autorité de Bahreïn sur les informations a en outre bloqué des sites web affiliés à des sociétés légales d'opposition qui participaient aux élections et a fermé les bulletins de liaison des deux principales sociétés d'opposition, la Société islamique nationale al-Wefaq et la Société d'Action nationale démocratique (al-Wa'ad). Les sites web du BCHR et de l'ANHRI restent toujours bloqués.

Le BCHR rapporte que le gouvernement exerce des pressions auprès des organisations locales pour qu'elles n'acceptent pas les observateurs des médias organisés par le Groupe arabe de travail pour la surveillance des médias (Arab Working Group for Media Monitoring, AWG) et coordonnés par l'International Media Support (IMS). La presse favorable au gouvernement et la Société des journalistes, que contrôle le gouvernement, allèguent que l'AWG est une cellule secrète qui travaille pour le compte d'instituts étrangers. Le BHCR rapporte que l'AWG a contribué à la surveillance des élections de 2006 et a mis en lumière les nombreuses failles entourant la liberté d'accès à l'information, ce qui semble de nouveau être le cas cette fois encore.

Par ailleurs, le BCHR et Reporters sans frontières (RSF) rapportent que 23 militants d'opposition, dont les blogueurs Abdul-Jalil Al-Singace et Ali Abdulemam, ainsi que Mohamed Said, membre du bureau du BCHR, subiront un procès pour terrorisme le 28 octobre.

La plupart des accusations ont trait à des opinions et à des écrits politiques, notamment des allégations d'avoir « répandu de fausses informations » et « d'avoir incité à la haine du gouvernement ». Les accusés n'ont pas été autorisés à rencontrer leurs avocats de manière confidentielle, et nombre d'entre eux affirment avoir été torturés lors des interrogatoires.

Toutes ces personnes vont joindre les rangs de centaines d'autres activistes politiques de Bahreïn, de défenseurs des droits de la personne et de personnalités religieuses chiites qui ont été arrêtés ces derniers mois. Le nombre exact des arrestations en août et septembre semble se situer entre 250 et 300, indique Human Rights Watch.

Selon l'ANHRI, il est possible que la répression ait eu pour but de tenir les activistes à l'écart des élections, de façon qu'ils ne puissent dénoncer les violations commises par le gouvernement de Bahreïn. Plusieurs des détenus qui sont bien connus sont membres de groupes d'opposition que le gouvernement considère comme illégaux et qui préconisaient le boycottage des élections.

« Ce à quoi nous assistons à Bahreïn ces jours-ci, c'est an retour à l'autoritarisme pur et dur. Le gouvernement s'est emparé d'associations et a fermé des médias qu'il n'aime pas afin de réduire au silence les critiques qui parlent le plus fort et d'intimider les autres, pendant que Washington ne dit rien publiquement », déclare Human Rights Watch, qui presse l'administration Obama de dénoncer publiquement les violations qui se déroulent à Bahreïn, un proche allié.

Bahreïn se classe au 144e rang sur 178 pays à l'index de RSF de 2010 sur la liberté de la presse; il recule de 25 places en une seule année. Cette dégringolade est attribuable à l'augmentation du nombre des arrestations de blogueurs et de citoyens de la Toile et à l'accroissement de la censure en ligne, dit RSF.

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