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Les autorités libèrent les prisonniers politiques pour apaiser les manifestants

Le 23 février à Manama, les manifestants du square de la Perle lancent dans les airs un prisonnier gracié par le roi Hamad bin Isa al-Khalifa, après avoir été relâché par la police
Le 23 février à Manama, les manifestants du square de la Perle lancent dans les airs un prisonnier gracié par le roi Hamad bin Isa al-Khalifa, après avoir été relâché par la police

REUTERS/STR New

Dans une concession majeure faite aux manifestants, 23 activistes et blogueurs de renom, qui avaient été accusés de complot en vue de renverser le gouvernement, ont été remis en liberté, en même temps que des dizaines d'autres prisonniers politiques, selon ce que rapportent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR), Reporters sans frontières (RSF) et les dépêches.

Le BCHR, qui mène inlassablement depuis août dernier une campagne en faveur des détenus, dont les blogueurs Abdul-Jalil Al-Singace et Ali Abdulemam, ainsi que Mohamed Said, membre du Bureau du BCHR, a confirmé leur libération le 23 février. Le roi Hamad bin Isa al-Khalifa les a graciés, ainsi que d'autres prisonniers politiques, le 22 février.

Le BCHR accueille favorablement la nouvelle, mais demande une reddition de comptes. « Il est important de noter que ces prisonniers ont été torturés… et que ces personnes ont fait l'objet d'allégations. » Le BCHR et d'autres membres de l'IFEX ont suivi de près les procès des prisonniers, et ont documenté les preuves de torture, dans certains cas pour leur faire faire de faux aveux les uns contre les autres.

De plus, a indiqué le BCHR sur Twitter, « environ 100 prisonniers politiques ont été libérés, mais 400 autres environ sont toujours détenus ».

Leur libération est survenue le même jour où environ 200 000 hommes, femmes et enfants se sont entassés au rond-point de la Perle pour la manifestation la plus importante en faveur de la démocratie jamais organisée à Bahreïn. L'île, à peu près de la taille de la ville de New York, compte environ 600 000 citoyens. Quelques-uns des prisonniers libérés sont passés directement de la prison au square de la Perle, où plusieurs d'entre eux ont été portés en triomphe par une foule en liesse.

Selon le BCHR, les autorités ont fait des pieds et des mains pour calmer un soulèvement qui prend de l'ampleur et entre dans sa deuxième semaine. Le 19 février, le gouvernement a cédé aux exigences de l'opposition et a retiré les tanks et la police des rues, ce qui a permis aux citoyens de protester librement. Ainsi, contrairement aux manifestations de la semaine dernière, aucune force de sécurité n'est intervenue dans la marche, bien qu'un hélicoptère du gouvernement ait survolé la foule.

Les reportages indiquent que le roi Hamad a désigné le prince héritier pour entamer un dialogue national avec l'opposition. Les manifestants ont déclaré aux reporters que la libération des prisonniers constituait un signe que le gouvernement était à l'écoute. Mais ils ont insisté pour dire qu'ils ne cesseraient pas de protester tant que leurs principales demandes ne seraient pas exaucées : que le gouvernement s'engage à des réformes démocratiques qui dépouillent la monarchie sunnite de son pouvoir et mettent fin à la discrimination qui dure depuis longtemps contre la majorité chiite.

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