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Des enseignants, des médecins et des défenseurs des droits sont condamnés, certains à la prison à vie

La police antiémeute de Bahreïn fait irruption dans un village BCHR
La police antiémeute de Bahreïn fait irruption dans un village BCHR

BCHR

Les élections partielles des 24 septembre et 1er octobre à Bahreïn, qui ont été largement boycottées, ont constitué l'arrière-plan de nombreuses comparutions devant des tribunaux militaires qui ont débouché sur la condamnation de dizaines de journalistes, de militants, d'enseignants et de médecins à de lourdes peines de prison. Toutes ces personnes étaient visées pour s'être prononcées publiquement en faveur de réformes pendant les manifestations de février, ou tout simplement pour avoir fait leur travail, selon ce que rapportent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Parmi les personnes arrêtées pendant les élections se trouvent 45 manifestantes. Certaines d'entre elles auraient été torturées.

Le 23 septembre, 38 femmes et sept fillettes ont manifesté dans un centre commercial, qualifiant d'imposture les élections à Bahreïn, celles-ci ayant été boycottées par l'opposition. Les femmes ont toutes été immédiatement détenues et beaucoup d'entre elles ont été torturées, selon leurs avocats, qui ont constaté des ecchymoses sur les visages lorsqu'ils ont pu les apercevoir quand on les a ramenées de l'interrogatoire, selon ce que rapportent les groupes bahreïnis locaux de défense des droits et Amnistie Internationale. Les avocats et les membres des familles se sont vu refuser tout accès aux femmes, indiquent les organisations de défense des droits. Alors que certaines d'entre elles étaient remises en liberté, le BCHR rapporte que 16 femmes et fillettes et quatre jeunes hommes devaient comparaître cette semaine devant un tribunal pénal.

Le 28 septembre, l'appel de 14 militants des droits de la personne, journalistes et blogueurs a été rejeté à l'issue d'une très brève audience devant un tribunal militaire, rapportent le BCHR, le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), le Comité des écrivains en prison du PEN International (Writers in Prison Committee of PEN International, WiPC) et d'autres groupes. Les peines, qui vont de deux ans à la prison à vie, découlent des manifestations de masse non violentes de février en faveur de la démocratie. Sept autres personnes avaient été condamnées in absentia et leurs affaires n'avaient fait l'objet d'aucun appel.

Le WiPC, en collaboration avec l'IFEX, a assisté comme observateur aux audiences du tribunal qui a jugé les 14 activistes. Il rapporte que le juge militaire n'a justifié sa décision d'aucune façon. Après l'audition, les observateurs ont pu rencontrer brièvement les défendeurs, qui étaient à ce moment-là dans d'excellentes dispositions et qui ont dit avoir fait la grève de la faim pendant plusieurs jours pour exiger la remise en liberté des manifestantes du centre commercial.

Depuis, le BCHR et la Société des jeunes de Bahreïn pour les droits de la personne (Bahrain Youth Society for Human Rights, BYSHR) ont fait part de leur profonde préoccupation en ce qui concerne la santé chancelante des militants, notamment celle du blogueur Abduljalil Al-Singace, qui est également chef du bureau des droits de la personne du Mouvement Haq pour la Liberté et la démocratie. Celui-ci a été condamné à la prison à vie. On s'inquiète également pour la santé du défenseur des droits Abdulhadi Al-Khawaja, ancien président du BCHR, qui a subi des fractures au visage sous la torture.

Le 29 septembre, 20 travailleurs de la santé se sont vu infliger des peines de cinq à quinze ans de prison pour avoir prodigué des soins aux blessés lors des manifestations de février, rapportent le BCHR et l'ANHRI. Le verdict est particulièrement troublant parce que ces travailleurs ont été condamnés après avoir fait leur travail à l'hôpital Salmaniya, où les blessés avaient été transportés après que les soldats eurent ouvert le feu sur les manifestants du square de la Perle.

L'un des soigneurs condamnés est la Dre. Fatima Haji, 33 ans, mère d'un enfant de trois ans. Elle a été condamnée à cinq ans de prison et dit avoir été agressée sexuellement de manière répétée et gardée en isolement jusqu'à ce qu'elle avoue des crimes qu'elle n'a pas commis. D'autres travailleurs de la santé risquent des peines de 15 ans d'emprisonnement pour avoir dénoncé la répression du gouvernement dans des interviews accordées à des médias internationaux, rapporte l'AFP.

Le 5 octobre, Journée mondiale de l'Enseignant, le BCHR fait aussi remarquer que plusieurs enseignants sont détenus et torturés à Bahreïn et que 150 enseignants ont perdu leur emploi depuis mars dernier parce qu'ils ont fait la grève par solidarité avec le mouvement pro-démocratie. Au cours de la dernière semaine de septembre, Mahdi Abu Deeb, président de la Société des enseignants de Bahreïn, a été condamné à 15 ans de prison, tandis que son vice-président, Jaleela Al Salman, était condamné à trois ans, selon ce que rapporte le BCHR. Abu Deeb aurait cessé de manger le 11 septembre, puis aurait cessé de prendre ses médicaments, et serait dans un état grave, dit le BCHR.

Des élections complémentaires ont été tenues à Bahreïn afin de combler les sièges laissés vacants par le départ de députés qui ont démissionné à la suite du massacre, commis par les armées bahreïnie et saoudiennes, d'environ 30 manifestants en février. Quatorze des dix-huit candidats n'avaient aucun adversaire, selon ce qu'indiquent les dépêches.

Cette semaine, le CPJ a annoncé que l'une des personnes arrêtées dans le sillage des manifestations, Mansour al-Jamri, ancien rédacteur au quotidien « Al-Wasat », s'est vu décerner une récompense internationale pour la liberté de la presse en 2011. Le CPJ félicite « Al Wasat », que le gouvernement a fermé en avril, pour sa couverture non sectaire au moment où les autorités tentent de faire passer les manifestations pour un simple conflit entre chiites et sunnites. Al-Jamri, qui demeure libre, a été arrêté pour avoir rapporté de « fausses nouvelles ». Son procès est prévu pour la mi-octobre, selon CNN.

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