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Une mission internationale demande la liberté pour les défenseurs des droits de la personne

Plusieurs membres de la mission en compagnie de militants des droits à Bahreïn
Plusieurs membres de la mission en compagnie de militants des droits à Bahreïn

Adam Shapiro, Front Line Defenders

Tous les défenseurs et les militants des droits de la personne doivent être libérés à Bahreïn, déclare une mission internationale soutenue par l'IFEX, qui s'est rendue dans le pays la semaine dernière pour enquêter sur la situation actuelle de la liberté d'expression. L'appel est lancé dans le sillage d'un rapport fort attendu de la Commission d'enquête indépendante de Bahreïn (Bahrain Independent Commission of Inquiry, BICI) déposé le 23 novembre, ainsi que d'un rapport sur les droits de la personne produit par le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahreïn Center for Human Rights, BCHR), et d'autres groupes locaux.

La mission invitait le Roi « à mettre en œuvre les recommandations de la Commission de faire rendre des comptes à toutes les personnes responsables des violations passées et d'agir immédiatement afin de prévenir des violations à l'avenir, comme la torture des détenus ». La mission était composée du Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information), du groupe Front Line Defenders, du Centre du Golfe pour les Droits de la personne (Gulf Centre for Human Rights), de Index on Censorship, de l'International Media Support et du Comité des écrivains en prison du PEN International (Writers in Prison Committee, WiPC).

Un des buts de la mission consistait à apporter solidarité et soutien moral à ceux et celles qui sont persécutés pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, ainsi qu'à leurs familles. Deux membres ont assisté le 28 novembre au procès de 20 infirmiers et médecins, persécutés pour être venus en aide aux personnes blessées et mourantes lors des manifestations pro-démocratie qui ont culminé en février et mars. L'équipe de la mission a également rencontré deux fois les autorités pour leur faire part de ses préoccupations, et a assisté au lancement du rapport du BICI.

Le rapport du BICI a été vanté par le régime comme une initiative transparente conçue pour assurer la reddition de comptes pour les décès et la torture des manifestants plus tôt cette année.

En réalité, cependant, le gouvernement « n'est intéressé qu'à replâtrer les fissures apparues dans sa réputation internationale »; les personnes responsables des meurtres de civils semblent s'en tirer, dénonce un rapport exhaustif rendu public le 22 novembre par le BCHR, la Société des jeunes de Bahreïn pour les droits de la personne (Bahrain Youth Society for Human Rights) et la Société des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Human Rights Society). Ces groupes formulent à l'intention du gouvernement un certain nombre de recommandations qui leur sont propres, qui selon eux « sont cruciales pour entreprendre un processus de réconciliation et pour faire cesser la violence permanente, y compris les pertes de vie chez les civils ».

Aucune personnalité officielle n'est tenue responsable de la mort de plus de 50 manifestants, notamment des décès survenus en prison d'un blogueur et d'un journaliste, ni de la torture que des centaines de personnes ont subie pendant la répression, indique le rapport. Par ailleurs, les médias locaux et étrangers demeurent interdits et de nombreuses personnes qui se sont portées à la défense des réformes sont toujours incarcérées, certains défenseurs des droits de la personne purgeant des peines de prison à vie. Seuls deux officiers ont été inculpés pour la mort de manifestants, et personne n'a été condamné. Aucun membre de la famille royale, que de nombreuses victimes affirment les avoir directement torturées, ne risque d'être traduit devant les tribunaux, fait remarquer le rapport conjoint.

Dans son rapport, la Commission déclare qu'elle « considère que l'appareil sécuritaire (le NSA) n'a pas pu mener d'enquête efficace » sur la mort de Karim Fakhrawy de « Al Wasat », l'un des journalistes décédés en détention. Zakariya Al Asheri, fondateur du site web de nouvelles en ligne « Al Dair », est lui aussi mort en détention en avril, mais cinq personnes ont été traduites devant les tribunaux en rapport avec son décès.

Le rapport du BICI déclare que, « la Commission est d'avis que l'absence d'obligation de rendre des comptes pour les officiels qui travaillent à l'intérieur du système de sécurité de Bahreïn a engendré une culture d'impunité, qui fait que les responsables de la sécurité ont peu de raisons pour éviter de maltraiter les prisonniers ou d'agir pour empêcher les mauvais traitements commis par d'autres officiels ».

Human Rights Watch conclut que « les constatations de la commission confirment ce que Human Rights Watch et d'autres groupes documentent depuis que les autorités bahreïnies ont entrepris leur campagne punitive de châtiment contre les manifestants pro-démocratie ».

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