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La mort d'un bébé, l'arrestation d'al-Khawaja menacent l'engagement du gouvernement envers les réformes

L'arrestation à Bahreïn de la cause célèbre internationale "Arabiya en colère" et la mort d'un bébé âgée de cinq jours à la suite d'une attaque de gaz lacrymogènes constituent les derniers événements qui menacent d'assombrir les promesses de réformes dans le sillage d'un rapport extrêmement critique sur les manifestations en faveur de la démocratie qui se sont déroulées plus tôt cette année, indiquent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), Index on Censorship et d'autres groupes membres de l'IFEX.

L'activiste Zaynab al-Khawaja (
L'activiste Zaynab al-Khawaja ("Arabiya en colère") est traînée par un policier après avoir refusé de quitter un sit-in à un carrefour giratoire de Manama, le 15 décembre 2011

Hamad I Mohammed/REUTERS

Zaynab al-Khawaja, fille du défenseur des droits Abdulhadi al-Khawaja, actuellement en prison, et très largement connue sous le pseudonyme qu'elle utilise sur Twitter "@angryarabiya", a été arrêtée avec violence après avoir refusé de quitter un carrefour giratoire sur l'autoroute Budaya, une route stratégique qui relie les banlieues à la capitale, après un sit-in organisé le 15 décembre, selon ce que rapportent le BCHR, Index, l'ANHRI, Freedom House et le Comité des écrivains en prison du PEN International. Elle a été libérée sous caution le 20 décembre, en attendant la tenue de son procès. Elle risque deux ans de prison, dit le BCHR.

Des centaines de manifestants hostiles au gouvernement avaient participé au sit-in avant d'être dispersés par la police antiémeute à coups de grenades de gaz lacrymogènes et de grenades de surpression, indiquent les membres.

Plusieurs personnes ont été blessées en raison du recours à une force excessive; l'un des manifestants aurait été tué lorsqu'il a été frappé par une voiture de la police, rapporte le BCHR. Le Ministère de l'Intérieur de Bahreïn a nié que la police fût responsable de ce décès, qui a déclenché une série de protestations que la police a violemment réprimées.

Les récentes manifestations, grandes ou petites, ont été traitées de la même manière. Les forces de sécurité continuent à lancer des quantités excessives de gaz lacrymogènes dans les secteurs résidentiels, dit le BCHR (voir à http://yfrog.com/od8xblij et à http://yfrog.com/mgpzaphj ). La maison du président du BCHR, Nabeel Rajab, a également été aspergée de gaz tandis que ses enfants se trouvaient à l'intérieur, alors que lui ne se trouvait même pas au pays.

D'après le "Financial Times", le principal parti d'opposition chiite, al-Wefaq, affirme qu'il y a des preuves qui montrent que l'enfant de cinq jours a succombé chez elle le 11 décembre à la suite de l'inhalation de gaz lacrymogènes lancés par la police antiémeute. Le gouvernement nie toutefois ces affirmations, et soutient que le Ministère de la Santé avait confirmé que la cause du décès était une méningite bactérienne.

Ces violations surviennent un mois à peine après que la Commission d'enquête indépendante de Bahreïn (Bahreïn's Independent Commission of Inquiry, BICI) eut publié un rapport accablant qui établit qu'une "force excessive" avait été utilisée quand le gouvernement a écrasé les manifestations de février et de mars. Le rapport ajoute que les détenus ont eu les yeux bandés et ont été fouettés, frappés à coups de pied, qu'ils ont subi des chocs électriques et ont été menacés de viol afin de leur arracher des aveux. La BICI a aussi critiqué le recours "disproportionné" aux gaz lacrymogènes, dont certains sont produits aux États-Unis.

Le régime a fait part de sa "consternation" devant ces conclusions et insiste pour dire que les réformes iront de l'avant. Jusqu'à maintenant, le régime a créé une commission nationale destinée à mettre en œuvre les recommandations, parmi lesquelles on trouve la reddition de comptes par les responsables et la révision par les tribunaux civils des peines imposées par les tribunaux militaires, rapporte Index. Le gouvernement a en outre embauché deux officiers de police venus d'outre-mer afin de superviser les changements apportés à la sécurité - bien que l'un d'eux soit l'ancien chef de la police de Miami John Timoney, "bien connu pour son aptitude à écraser les manifestations", dit Sara Yasin de Index.

Les États-Unis et les Nations Unies dépêchent des émissaires à Bahreïn pour suivre de près la mise en œuvre des recommandations de la BICI.

"Des objectifs de ce genre s'inscrivent davantage à long terme et ne s'attaquent pas à la situation actuelle", dit Yasin. "Si le gouvernement prévoit d'aller de l'avant, et de gagner la confiance de ceux qui ne croient pas que la commission était autre chose qu'un exercice en vue de réparer la réputation internationale de Bahreïn, alors il importe de permettre aux manifestants de manifester, et de changer la répression des manifestants sur le terrain."

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