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Le gouvernement ne remplit pas ses promesses de réforme, annonce la mission au Forum de la presse arabe indépendante

Le président du BCHR, Nabeel Rajab, à droite, s’entretient avec l’éminent journaliste yéménite Abdulkarim al-Khaiwani lors du Forum de la presse arabe indépendante
Le président du BCHR, Nabeel Rajab, à droite, s’entretient avec l’éminent journaliste yéménite Abdulkarim al-Khaiwani lors du Forum de la presse arabe indépendante

Aymen Omrani/WAN-IFRA

Le Bahreïn n'a pas tenu ses promesses de réforme, en dépit de la création d'une commission d'enquête dont on a fait grand cas, indique un rapport d'une mission internationale de passage dans le pays. Intitulée « Justice Denied in Bahrain: Freedom of Expression and Assembly Curtailed » (Déni de justice au Bahreïn : La liberté d'expression et d'assemblée est limitée), cette mission constate que les violations des droits continuent tous les jours, et que des personnes emprisonnées pendant la répression gouvernementale de février et mars 2011 sont toujours incarcérées.

Malgré que le gouvernement ait promis de donner suite aux recommandations proposées par la Commission d'enquête indépendante de Bahreïn (Bahrain Independent Commission of Inquiry, BICI) en novembre, qui a conclu que le Bahreïn a eu recours à une force excessive lors de la répression de l'an dernier, « la réalité sur le terrain au Bahreïn demeure inchangée », dit le rapport de la mission internationale rendu public le 24 janvier à Tunis et à Londres.

« Les défenseurs des droits de la personne, les médecins, enseignants, membres des syndicats, les personnalités politiques, les journalistes, blogueurs et autres militants continuent à se heurter au harcèlement, aux poursuites et à l'incarcération en dépit du recours à la torture et à des procès iniques », dit la mission, qui était au Bahreïn du 20 au 30 novembre 2011.

Pas un seul officiel n'a encore été tenu responsable des blessures et du décès de plus de 50 manifestants - un nombre qui continue de s'accroître, peut-on lire dans « Déni de justice ».

« Il semble qu'en dépit de la longue liste des violations commises contre les citoyens bahreïnis, que renferme le rapport de la BICI, notamment la torture, et d'une nette condamnation de la culture d'impunité, le gouvernement de Bahreïn entend maintenir le statu quo. Nous ne voyons pas de libération immédiate de prisonniers. Il y a à la place une interminable succession de procès reportés », a déclaré Marian Botsford Fraser, membre de la mission et présidente du Comité des écrivains en prison du PEN International (Writers in Prison Committee, WiPC).

Les 11 recommandations formulées dans le rapport comprennent des appels à une reddition de comptes de la part des personnes responsables de torture et d'homicides, ainsi que la fin du harcèlement, de l'emprisonnement et des poursuites contre les citoyens bahreïnis parce qu'ils défendent la libre expression et l'exercice légitime des droits de la personne.

« La liberté d'expression est constamment attaquée », dit le président du Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR), Nabeel Rajab, qui prenait la parole lors du Forum de la presse arabe indépendante, à Tunis, à l'occasion de la publication du rapport. « Les gens sont tués dans la rue. Il y a dix jours à peine, j'ai été tabassé dans la rue pendant une manifestation non violente. Des enfants sont aspergés de gaz lacrymogènes chez eux, à la maison. »

Le jour de la publication du rapport, 12 personnes qui devaient répondre à des accusations de rassemblement illégal, de participation à une émeute et d'incitation à l'émeute, dont Wafi al-Majed, le mari de la militante des droits de la personne Zainab al-Khawaja, ont été acquittées, mais le Canadien Naser al-Raas a vu sa peine de cinq ans de prison être confirmée pour avoir protesté de manière pacifique, selon ce que rapporte Index on Censorship.

En outre, des membres du personnel de Freedom House se sont fait dire récemment qu'ils ne seraient plus autorisés à entrer au Bahreïn - même si le rapport de la BICI recommande que le Bahreïn s'ouvre aux organisations internationales de défense des droits.

Le problème réside en partie dans le fait que les manifestations au Bahreïn ont fait l'objet d'une couverture médiatique minimale et de peu d'attention à l'échelle internationale, ce qui leur a valu le sobriquet de « révolution oubliée », dit Rajab.

« La communauté internationale des défenseurs des droits de la personne fait un bon travail de couverture des violations au Bahreïn, mais les médias internationaux ne reprennent pas l'histoire », dit-il.

Rajab a également souligné l'hypocrisie des États-Unis et de l'Union européenne, qui ont soutenu le soulèvement en Libye, mais qui gardent le silence sur ce qui se passe au Bahreïn. Le Bahreïn héberge la cinquième flotte des États-Unis et négocie actuellement un contrat d'achat d'armes de plusieurs millions de dollars avec les États-Unis.

La mission au Bahreïn était composée du Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information), du groupe Front Line Defenders, du Centre du Golfe pour les Droits de la personne (Gulf Centre for Human Rights), de Index on Censorship, du International Media Support et du WiPC, et bénéficiait du soutien de l'IFEX.

Forum de la presse arabe indépendante 

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