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Au moins 31 exécutions extrajudiciaires depuis l'ouverture d'une commission d'enquête officielle, dit le Centre des droits de la personne de Bahreïn

Depuis qu'une commission d'enquête officielle a recommandé des réformes en novembre dernier afin de corriger les violations des droits de la personne survenues à Bahreïn lors des soulèvements de l'an dernier, le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR) a documenté au moins 31 « exécutions extrajudiciaires ».

La plupart de ces décès sont survenus par inhalation de gaz lacrymogènes, dont trois au cours de la dernière semaine seulement, et trois autres à la suite de tortures infligées en garde à vue, dit le BCHR dans un nouveau rapport qui passe en revue les progrès accomplis depuis la présentation des conclusions de la Commission d'enquête indépendante de Bahreïn (BICI).

Human Rights Watch a aussi produit son propre rapport à la suite de l'évaluation d'une commission nationale qui a salué les progrès réalisés par le gouvernement.

Le Rapport post-BICI du BCHR accuse le régime de nouveaux cas de torture, d'enlèvements et d'arrestations arbitraires, en dépit des assurances du contraire données par le gouvernement. Le rapport demande la fin immédiate des violations, ainsi que des réparations pour les victimes et le châtiment des coupables.

Le BCHR fait remarquer que le gouvernement continue de nier toute responsabilité à l'égard de quelque homicide que ce soit - pas un seul policier n'a été condamné pour torture ou pour meurtre depuis le début du soulèvement, en février.

Autre conclusion clé du rapport du BCHR, qui est ventilé par type de violation : chaque nuit, une quinzaine de villages en moyenne sont arrosés de gaz lacrymogènes. Il s'agit de gaz importés, ce qui pousse le BCHR à exiger de la communauté internationale qu'elle mette fin à ses ventes d'armes à Bahreïn.

Le rapport est dédié à l'ancien président du BCHR, Abdulhadi al-Khawaja, qui purge une peine d'emprisonnement à vie pour avoir participé aux manifestations de l'an dernier. Au 49e jour de sa grève de la faim, celui-ci a affirmé qu'il continuerait de refuser de s'alimenter « tant qu'il ne serait pas libre ou mort ». Plus tôt ce mois-ci, 50 groupes à travers le monde, dont de nombreux membres de l'IFEX, ont exigé sa libération.

Le BCHR a recensé 397 personnes toujours détenues, dont les sentences varient de six mois à l'emprisonnement à vie, entre autres le blogueur et défenseur des droits Abduljalil al-Singace. Le blogueur Ali Abdul Emam a été condamné pour sa part à 15 ans de prison, mais on ignore tout sur son sort.

Dans son rapport, Human Rights Watch documente également l'absence de progrès dans la mise en œuvre des recommandations du BICI et la généralisation d'une culture d'impunité.

Human Rights Watch constate que, bien qu'un « pas positif » ait été réalisé lorsque le gouvernement a dépouillé l'Agence nationale de sécurité (ANS) de son pouvoir d'arrestation et de détention, le chef de l'ANS a ensuite été promu à un rang supérieur et désigné comme conseiller à la sécurité nationale auprès du roi.

Human Rights Watch fait en outre observer qu'en dépit de la promesse du procureur général en décembre de commuer les peines de toutes les personnes inculpées de délits mettant en cause l'expression politique, seulement 19 des 334 personnes ont été remises en liberté.

Les deux rapports ont été rendus publics cette semaine à la suite de la publication, par une commission nationale, d'une revue qui faisait l'éloge du gouvernement pour des progrès « significatifs ».

Al Jazeera rapporte que la commission nationale, créée dans le but de suivre de près la mise en œuvre du rapport du BICI, s'est montrée dithyrambique dans son rapport, saluant comme une réalisation « sans précédent » les progrès accomplis par le gouvernement dans l'application de plus de deux douzaines de recommandations.

Les critiques locaux ont été prompts à rejeter le travail de la commission, qu'ils jugent biaisée, celle-ci ayant été désignée par le roi et composée de nombreux membres de la chambre haute du parlement, laquelle est également désignée par le roi. Les membres d'Al Wefaq, le plus important groupe politique d'opposition à Bahreïn, affirment que moins de 10 pour 100 des cent recommandations contenues dans le rapport de la BICI ont été appliquées.

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