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On annonce un nouveau procès pour al-Khawaja et d'autres activistes

La grève de la faim d'al-Khawaja racontée en images. Aller à GraphicJournalism.org pour voir la photo dans sa totalité
La grève de la faim d'al-Khawaja racontée en images. Aller à GraphicJournalism.org pour voir la photo dans sa totalité

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Bahreïn annonce la reprise du procès de l'activiste politique et gréviste de la faim Abdulhadi al-Khawaja et de 20 autres personnes accusées de complot contre l'État lors des manifestations du Printemps arabe de l'an dernier, selon ce que rapportent le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR), le Comité des écrivains en prison du PEN International (Writers in Prison Committee, WiPC) et Human Rights Watch. Les membres de l'IFEX sont déçus que les activistes restent détenus en attendant la reprise de leur procès, et demandent leur remise en liberté immédiate.

Al-Khawaja doit subir un procès devant un tribunal civil - plutôt que devant un tribunal militaire comme auparavant - mais aucune date n'a été fixée pour le nouveau procès. Selon le « Guardian », la décision s'inscrit dans un effort du gouvernement de Bahreïn pour répondre aux critiques, tant de l'intérieur que de l'extérieur du pays, de ses politiques.

Vingt autres militants condamnés avec al-Khawaja en 2011 ont obtenu la tenue d'un nouveau procès (sept d'entre eux in absentia parce qu'ils restent en liberté). Sept des vingt et un prévenus risquent des peines d'emprisonnement à vie, notamment al-Khawaja et le blogueur et défenseur des droits de la personne Abduljalil al-Singace, tandis que les autres sont passibles de deux à quinze ans de prison.

Un autre de ceux qui ont déjà été condamnés, Al Hurra Yousif Mohammed, a vu sa peine de deux ans de prison être ramenée à six mois et a été relâché en raison du temps déjà passé en détention.

Une grève de la faim qui dure depuis trois mois et une campagne énergique menée par la famille, les partisans et les membres de l'IFEX ont permis de maintenir le cas d'al-Khawaja sous les projecteurs, surtout à l'approche du récent Grand Prix controversé de Formule Un à Bahreïn.

Al-Khawaja, qui possède également la nationalité danoise, est dans un état grave dans un hôpital militaire, ayant perdu 25 pour 100 de sa masse corporelle. Les forces de défense de Bahreïn ont nié dans une déclaration qu'il était alimenté de force.

La famille d'Al-Khawaja insiste pour dire qu'il ne doit pas rester en garde à vue. « Abdulhadi al-Khawaja n'a pas entamé une grève de la faim en disant la mort ou un nouveau procès, il dit la mort ou la liberté », écrit sa fille Maryam sur Twitter. « Un nouveau procès, ça ne signifie pas grand-chose. »

L'épouse d'Al-Khawaja, Khadija al-Moussawi, a déclaré à la BBC, « Je pense que c'est ridicule. Quel genre de processus judiciaire est-ce là ? Ils cherchent à gagner du temps, et ils auraient dû le déférer devant un tribunal civil dès la première audience, pas à la troisième. »

La décision de la Cour de cassation est conforme aux recommandations de la Commission d'enquête indépendante de Bahreïn (Bahrain Independent Commission of Investigation, BICI) désignée par le Roi Hamad al-Khalifa, qui a conclu qu'al-Khawaja et les autres avaient subi en détention des tortures prolongées.

D'après Human Rights Watch, la commission a déclaré que les personnes reconnues coupables devant les soi-disant « tribunaux de sécurité nationale » devaient subir un nouveau procès civil, et que le gouvernement devait annuler les condamnations et remettre en liberté les personnes qui exerçaient paisiblement leurs droits à la libre expression et d'assemblée.

Mais le gouvernement a dit clairement qu'il considérait toujours cette affaire comme grave. « Nous parlons de 21 personnes qui ont appelé au renversement de la monarchie par des moyens violents », a déclaré Abdulaziz bin Mubarak al-Khalifa, porte-parole principal du gouvernement, dans ses commentaires au « Guardian ». « En temps et lieu nous allons présenter devant le tribunal civil de nouvelles preuves qui en feront la démonstration. »

Des manifestations se déroulent régulièrement dans les villages à l'extérieur de la capitale. Human Rights Watch déclare dans un nouveau rapport que la police de Bahreïn tabassait et torturait toujours les détenus, y compris les mineurs, en dépit des recommandations de la BICI et des engagements publics de mettre fin à la torture et à l'impunité de la police.

Au moins 31 personnes auraient été tuées depuis que le rapport de la BICI a été rendu public en novembre, dit le BCHR.

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