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Des centaines de policiers ferment un journal favorable à l'opposition

Un journal d'opposition a été contraint à la fermeture au Bangladesh la semaine dernière, après que le gouvernement eut annulé son permis de publier et dépêché 200 policiers pour effectuer une descente à son imprimerie au beau milieu de la nuit, d'après ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), ARTICLE 19, l'Institut international de la presse (IIP) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Le rédacteur en chef par intérim du journal a été arrêté et accusé de fraude.

Le quotidien en langue bengali « Amar Desh », basé à Dhaka, la capitale, est connu pour être proche du Parti Nationaliste du Bangladesh (BNP), d'opposition, et se montre souvent critique à l'égard du gouvernement. Ces derniers mois, le rédacteur en chef Mahmudur Rahman a signé des éditoriaux et des articles qui documentaient des affaires d'exécutions extrajudiciaires et de prévarication par des officiels liés au Premier ministre Sheikh Hasina, indique Index on Censorship.

Dans une entrevue accordée à Index on Censorship dans les heures précédant son arrestation, Rahman a déclaré : « Nous sommes le troisième en importance des quotidiens nationaux et nous avons le deuxième lectorat en importance du pays sur Internet... Ma pratique du journalisme m'a amené à dénoncer abondamment le bilan du gouvernement au chapitre de la corruption et des violations des droits de la personne; ces derniers jours, nous avons constaté un nombre élevé de décès survenus en garde à vue. »

Au moment de la descente, des manifestants hostiles au gouvernement et des journalistes tentaient d'empêcher la police d'entrer dans l'immeuble. Les membres du personnel bloquaient l'entrée, disant qu'il allait falloir « leur marcher sur le corps » avant que le rédacteur en chef ne fût arrêté, rapporte l'IIP. La police a traversé « une barricade humaine formée des employés du journal », pour arrêter Rahman. Les journaux du 2 juin ont été confisqués.

Rahman a été libéré sous caution en attendant de répondre à des accusations de fraude, mais il reste détenu pour d'autres accusations portées contre lui et des collègues du journal d'obstruction au travail de la police. Selon Reporters sans frontières (RSF), plusieurs journalistes ont été blessés lors du raid et cinq journalistes ont été inculpés de violence.

Rahman était conseiller en matière énergétique de l'ancienne première ministre Khaleda Zia lorsque son Parti Nationaliste du Bangladesh (BNP) dirigeait un gouvernement issu d'une coalition de quatre partis, entre 2001 et 2006. Il est le principal actionnaire du « Amar Desh » dont il est le rédacteur en chef par intérim depuis 2008. Les employés du journal ont été accusés de plus de 20 chefs d'accusation de diffamation pénale en rapport avec des articles sur le parti de la Ligue Awami, qui a accédé au pouvoir en décembre 2008.

L'État réprime la liberté de la presse afin de limiter la critique de ses politiques, indique RSF. « Visiblement, le gouvernement de la Ligue Awami ne tolère pas les critiques de ce journal d'opposition, et notamment ses révélations sur le sujet controversé de l'attribution de contrats énergétiques à des entreprises étrangères. »

En avril, le gouvernement du Bangladesh a interdit la seule station privée de télévision du pays, « Channel One », favorable à l'opposition. Le 1er juin, Facebook a été bloqué. RSF rapporte que Facebook a été rétabli le 5 juin, à la suite d'une entente intervenue avec le site web de réseautage social prévoyant le retrait des caricatures de Mahomet ainsi que des dessins de certains politiciens bangladais considérés comme offensants. Mahbub Alam Rodin, un jeune homme qui aurait affiché les dessins satiriques, a été arrêté pour insultes aux dirigeants du pays.

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