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Un journaliste est tué à coups de machette à Sharsha

Dernier incident d'une série d'agressions particulièrement brutales contre des journalistes au Bangladesh : le reporter Jamal Uddin a été tué la semaine dernière à coups de machette à Sharsha, État de Jessore, probablement parce qu'il avait couvert les activités d'une association locale de passeurs de drogue, selon ce que rapportent le groupe Media Watch, basé au Bangladesh, et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Uddin, 33 ans, qui était correspondant au quotidien en langue bangla « Gramer Kagoj », basé dans l'État de Jessore, a été agressé le 15 juin par un groupe d'inconnus armés d'instruments tranchants, rapportent Media Watch, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l'Institut international de la presse (IIP). Des résidents locaux qui se sont portés à son secours ont transporté Uddin à l'hôpital, où il a succombé à ses blessures.

Selon le rédacteur en chef de Uddin, Mobinul Islam Mobin, Uddin avait parlé de contrebande et de trafic de drogue le long de la frontière de l'Inde, ce qui a soulevé l'ire des organisations locales, d'après ce qu'indique le journal « The Financial Express ».

Quelques mois avant le meurtre, le journaliste avait porté plainte au poste de police de Sharsha après avoir reçu des menaces de mort de Tota Miah, un parrain de la drogue local, dit Media Watch, qui cite des dépêches. Reporters sans frontières (RSF) a posé la question et a demandé pourquoi la police n'avait-elle pas assuré la protection de Uddin après qu'il l'eut informée des menaces de mort.

« Bangladesh News » a rapporté par la suite que le père du journaliste avait reçu des appels d'avertissement de la part de ceux qu'on soupçonne d'être ses assassins, l'informant que les enfants de Uddin pourraient subir le même sort que leur père si la plainte concernant le meurtre brutal n'était pas retirée.

Tandis que les journalistes locaux organisaient un rassemblement pour protester contre ce meurtre, la FIJ pressait les autorités d'assurer la sécurité des journalistes au Bangladesh, compte tenu de la récente vague d'attaques. D'après Media Watch, le 28 mai, des inconnus armés de machettes ont attaqué les employés du journal bdnews24.com aux bureaux du journal à Dhaka, blessant gravement trois d'entre eux. Le 19 mai, Fazlur Rahman, reporter attaché au quotidien « Samakal », avait été attaqué par des assaillants qui l'ont atteint au bras droit, parce qu'il aurait couvert la présentation d'une danse obscène sur le campus.

« Malheureusement, les gouvernements successifs au Bangladesh négligent de s'attaquer au climat général d'impunité qui entoure les agressions contre les journalistes. Cela a alimenté de nouveaux épisodes de violence et menace l'aptitude des journalistes bangladais à pratiquer le journalisme d'enquête », dit l'IIP, qui fait remarquer que 24 journalistes au moins ont été tués au Bangladesh depuis 1998, et que pas un seul de ces cas n'a été résolu.

La détérioration de l'environnement médiatique n'en est que plus préoccupante, dit le CPJ, étant donné que 2012 est la première année où le Bangladesh ne figure pas à l'Index de l'Impunité du CPJ, qui braque les projecteurs sur les pays où des journalistes sont régulièrement assassinés et où leurs tueurs échappent à la justice.

En même temps, le CPJ a fait écho à la préoccupation de l'International Crisis Group au sujet d'autres troubles provoqués par un « historique déjà ancien d'antagonisme » entre la Ligue Awami du premier ministre Sheikh Hasina et le Parti Nationaliste du Bangladesh (BNP), d'opposition. Également troublant, une modification constitutionnelle adoptée récemment dispose que toute personne qui critique la Constitution risque d'être poursuivie pour sédition, dit le CPJ.

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