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Meurtre d'Ajivit Roy : RSF exhorte les autorités à protéger efficacement les blogueurs

AP Photo/ A.M. Ahad

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 27 février 2015.

Le 26 février 2015, plusieurs individus non identifiés ont assassiné l'écrivain et blogueur Avijit Roy et blessé gravement son épouse, Rafida Ahmed Banna. Reporters sans frontières (RSF) attend des autorités des mesures sans précédent pour protéger les blogueurs et lutter contre l'impunité dont jouissent les auteurs de crimes contre les acteurs de l'information.

Alors que le blogueur Avijit Roy, fondateur du site d'information mukto-mona.com ((« libre pensée »), et sa femme quittaient une foire du livre près de l'université de Dacca, le 26 février, plusieurs hommes armés de machettes les ont attaqués. Avijit Roy a été frappé mortellement à la tête et son épouse a été blessée. Les auteurs du meurtre ont ensuite pris la fuite en laissant leurs armes sur le lieu du crime. L'écrivain et blogueur a été admis en urgence au Dhaka Medical College and Hospital où il a été déclaré mort durant l'opération visant à le sauver.

Le groupe radical Ansar al Islam, qui serait derrière le compte Twitter Ansar Bangla 7 , auraitrevendiqué le meurtre d'Avijit Roy, affirmant "avoir tué un américain, faisant d'une pierre deux coups".

" The target was an American citizen.. 2 in 1. #America recently martyred 2 of our brothers in #Khurasan & #Shaam. #Revenge+#Punishment."

"Nous sommes choqués par cet acte de barbarie et adressons nos condoléances à sa femme Rafida Ahmed Banna et à ses proches, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Jusqu'à présent, les moyens mis en place n'ont pas permis de traduire en justice les auteurs et commanditaires de crimes contre les journalistes et blogueurs. Les autorités bangladaises ne doivent pas se tromper de cible : il est inacceptable de constater que l'appareil policier et judiciaire est si fortement mobilisé quand il s'agit de perquisitionner des médias, d'arrêter des journalistes, de censurer des informations ou d'enquêter sur des blogueurs, tandis que de nombreuses attaques contre ces derniers restent impunies."
En février 2013, en marge du procès de plusieurs anciens leaders de partis islamistes, dont le parti Jaamat-E-Islami, 19 blogueurs avaient été ouvertement menacés sur des sites internet islamistes, et au cours de manifestations. Des groupes radicaux les avaient accusés de blasphème et avaient demandé leur exécution. Face à ces menaces, les autorités bangladaises n'ont fait d'autre choix que d'arrêter des blogueurs et fermer des sites. Le 23 mars 2013, le blogueur Asif Mohiuddin, avait étéinterrogé par la Detective Branch de la police de Dacca. Deux jours avant, son blog (http://www.somewhereinblog.net/blog...) avait été bloqué par la Bangladesh Telecommunication Regulatory Commission (BTRC).

Des blogueurs sur la liste noire de groupes islamistes

Connus pour ses livres "Biswaser Virus" (le virus de la foi) et "Sunyo theke Mahabiswa" (Du Vide au Vaste Monde), Abvijit Roy avait déclenché à plusieurs reprises la colère d'islamistes, qui l'avaient menacé de mort à plusieurs reprises pour ses publications.

Son assassinat présente des similitudes avec celui du blogueur Rajib Haider, égorgé le 15 février 2013 près de son domicile du quartier de Palashnagar. Le 15 novembre dernier, le groupe bangladais "Ansar al Islam Bangladesh", se revendiquant d'obédience islamiste, avait affirmé sur Facebook être l'auteur de trois assassinats, dont celui du blogueur Rajib Haider. Une liste de prochaines victimes, parmi lesquelles le blogueur Asif Mohiuddin, avait également été publiée sur le réseau social.
Selon des informations obtenues par Reporters sans frontières, Subrata Audhikary Shuvo, pourrait être la prochaine cible des groupes extrémistes. Arrêté en mai 2013 en vertu de la loi sur le blasphème, le blogueur avait été condamné à mort par les islamistes, qui n'ont cessé de le menacer depuis.

Le Bangladesh, qui occupe la 146e place sur 180 dans leClassement mondial pour la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, a vu sa situation se dégrader en 2014.

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