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Un cyberdissident condamné à cinq ans d'emprisonnement, Les organisateurs des Jeux Olympiques enquêtent sur l'identité de tous les journalistes accrédités

(RSF/IFEX) - Ci-dessous, une version abrégée d'une lettre ouverte à Jacques Rogge, président du Comité international olympique:

Monsieur Jacques Rogge
Président
Comité international olympique
Lausanne - Suisse

Paris, le 29 novembre 2007

Monsieur le Président,

Nous recevons de Chine des informations extrêmement inquiétantes sur la manière dont les autorités préparent l'arrivée de dizaines de milliers de professionnels des médias étrangers pour les Jeux olympiques de Pékin.

Il est de plus en plus clair que les organisateurs et l'appareil sécuritaire chinois ont décidé de contrôler de très près les journalistes, avant et pendant les Jeux olympiques. Les autorités ont ainsi expliqué qu'elles comptaient "ficher" les représentants de la presse et qu'elles se réservaient le droit de refouler des reporters pourtant accrédités par les Comités nationaux olympiques.

Vous n'êtes pas sans savoir que les organisateurs de Pékin 2008 ont annoncé qu'ils allaient mener des enquêtes sur l'identité de tous les journalistes étrangers accrédités. Justifiant cette décision par un impératif de sécurité, comme si les journalistes pouvaient représenter une menace ou être des terroristes potentiels, Yang Minghui, adjoint au responsable du bureau des accréditations des JO, a déclaré : "S'ils ne satisfont pas aux tests, leur demande d'accréditation sera refusée et le processus n'ira pas plus loin. Et de préciser : "Le but est d'éliminer les personnes qui posent des problèmes pour la sécurité des Jeux."

D'autres villes olympiques ont réalisé des fichiers de journalistes dans le passé, mais pour répondre à des impératifs d'organisation, sans jamais menacer de refuser l'entrée pour des raisons qui, personne n'en doute dans le cas de Pékin, sont en fait politiques.

Cette annonce vient s'ajouter à celle de l'Administration générale de la presse et des publications (GAPP), qui va établir les fiches de près de trente mille professionnels des médias accrédités pour les Jeux olympiques. Selon le responsable de cet organisme d'État, il s'agit d'identifier les "faux journalistes" et d'aider les responsables chinois à répondre aux interviews. Mais le gouvernement n'a pas précisé quels types d'informations seront ainsi collectés.

Au cours des derniers mois, plusieurs informations ont filtré dans la presse sur les instructions données à la sécurité publique et à la sécurité d'État, chargées d'identifier en Chine et à l'extérieur les groupes susceptibles de vouloir manifester pendant les JO. Les journalistes pourraient être visés par cette surveillance préventive. Et il est à craindre que des centaines de personnes ne soient interdites d'entrée sur le sol chinois.

Reporters sans frontières s'était félicitée de l'adoption, en janvier dernier, de nouvelles régulations pour la presse étrangère. Onze mois plus tard, le bilan est négatif. S'il est vrai que le ministère chinois des Affaires étrangères a fait certains efforts pour venir en aide à des journalistes étrangers interpellés ou agressés, nous avons répertorié plus de cinquante cas qui montrent clairement que les autorités ne respectent pas ces nouvelles règles.

(. . . )

Monsieur Rogge, votre silence rend malheureusement possibles tous ces dérapages. Et nous continuons de penser que le CIO se doit de tout faire pour peser sur la politique des organisateurs de Pékin 2008 vis-à-vis des journalistes chinois et étrangers. Un renoncement sur ce point crucial serait un échec historique dans l'histoire du mouvement olympique.

En espérant une réponse de votre part, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'expression de ma haute considération.

Robert Ménard
Secrétaire général

Pour accéder à l'intégralité de la lettre envoyée à Jacques Rogge, veuillez cliquer sur le lien suivant: http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24563

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