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Les autorités cherchent à éradiquer le journalisme indépendant; la BAJ est attaqué

Les membres de la BAJ luttent pour la survie de l’organisation.
Les membres de la BAJ luttent pour la survie de l’organisation.

via BAJ

Dans la plus récente offensive en vue d'écraser les journalistes dissidents du Bélarus, la police a procédé à des descentes contre des journaux indépendants et aux domiciles d'éminents journalistes, rapportent l'Association des journalistes du Bélarus (Belarusian Association of Journalists, BAJ), Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). De plus, à l'occasion d'une campagne en vue d'éliminer la BAJ, les autorités ont ordonné à l'organisation de révoquer ses cartes de membres, de cesser de fournir de l'aide juridique aux journalistes indépendants, et de modifier ses propos sur son site web.

D'après la Fédération internationale des journalistes (FIJ), le 22 mars, la Cour suprême a rejeté l'appel interjeté par la BAJ contre un ordre du ministère de l'Intérieur d'interdire l'utilisation des cartes de membres de la BAJ portant le mot « presse ». La BAJ a été priée de recueillir toutes les cartes de membres en circulation et de mettre fin à son unité d'aide juridique. Certains officiels affirment que les cartes de presse de la BAJ sont illégales parce que la BAJ n'est pas un média. Le rapport de 2009 de la BAJ, « Les médias de masse au Bélarus », souligne que les lois sur les médias en vigueur rendent illégale toute activité journalistique effectuée sans accréditation.

Le ministère de la Justice avait d'abord émis le 13 janvier un avertissement à la BAJ afin de cibler tout renseignement ou tout appui accordé aux journalistes du Bélarus. Les autorités affirment que le travail juridique effectué bénévolement pour soutenir des journalistes indépendants ne se conforme pas au mandat de la BAJ; le résultat, c'est que la BAJ s'est fait dire de réécrire les objectifs qui paraissaient sur son site web. La BAJ entend interjeter appel de la décision récente de la cour. Mais elle a les mains liées. Si elle reçoit un deuxième avertissement, la BAJ pourrait être fermée; et si l'organisation ne se conforme pas aux exigences du premier avertissement, elle pourrait encourir une suspension de six mois.

Selon RSF, la décision signifie en outre que les journalistes pigistes et les journalistes qui travaillent pour des médias étrangers qui se sont vu refuser l'accréditation officielle ne pourront se différencier des citoyens ordinaires lorsqu'ils rapporteront la nouvelle sur des questions d'intérêt public. Cela va décourager la couverture par les médias indépendants de possibles protestations à l'approche des élections prévues à la fin avril, et des élections présidentielles de 2011, dit la BAJ. En 2009, un reporter de « Belsat TV » avait été arrêté puis relâché après avoir montré sa carte de la BAJ à la police, dit RSF.

« Le jugement crée un dangereux précédent, dit la BAJ, en permettant effectivement au gouvernement de définir qui au Bélarus est journaliste et qui ne l'est pas. »

Plusieurs journalistes sont harcelés depuis quelques semaines. Le 16 mars, la police de Minsk a effectué une descente dans les bureaux du site web indépendant de nouvelles « Charte 97 », du journal indépendant « Narodnaïa Volia », et aux domiciles de trois journalistes, confisquant ordinateurs, équipement et fichiers électroniques, le tout dans le cadre d'une enquête criminelle sur une affaire de diffamation. La rédactrice en chef de « Charte 97 », Natallia Radzina, a été frappée au visage, dans son bureau, lors de ce raid. Les descentes sont liées à la couverture indépendante de la poursuite intentée contre trois policiers et des violations commises par le chef du département de la lutte contre la corruption et le crime organisé, département qui relève du ministère de l'Intérieur. La police a également tenté de procéder à des descentes aux domiciles de membres de la BAJ.

Le rapport de 2009 de la BAJ décrit la détérioration de la liberté de la presse : des journalistes harcelés par des sanctions judiciaires, des sites web bloqués, l'ingérence dans la rédaction et la censure des stations de radio FM, ainsi que des descentes régulières aux domiciles des journalistes. Les « médias socio politiques » indépendants se voient nier leurs certificats d'enregistrement, tandis que les sociétés de radiodiffusion qui appartiennent à l'État dominent l'environnement médiatique. Les entreprises d'État du Bélarus refusent de distribuer la moitié des périodiques sociaux et politiques indépendants officiellement enregistrés.

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