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Les données personnelles de journalistes mises en danger

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce l'ordre donné par un responsable de la police d'autoriser l'accès des experts informatiques de la police aux comptes email et aux conversations Skype de plusieurs journalistes indépendants. Ce, en raison de poursuites en diffamation intentées par un ancien haut responsable du KGB, Ivan Korzh, contre des proches de policiers condamnés dans le cadre d'une affaire de chasse illégale.

Natallya Radzina, du site Charter 97, Svyatlana Kalinkina and Maryna Koktysh du journal "Narodnaya Volya", proches de l'opposition, ainsi que Iryna Khalip du quotidien russe indépendant "Novaya Gazeta" ont été informées de cette mesure le 28 avril 2010, lors de leurs interrogatoires. Leurs ordinateurs avaient été saisis au cours d'une perquisition, le 16 mars 2010, dans les locaux des médias concernés et aux domiciles des journalistes. Natallya Radzina avait alors été frappée au visage.

"Nous exigeons la restitution immédiate du matériel confisqué aux journalistes. L'accès par les autorités aux emails et chats des journalistes constitue une grave atteinte à la fois à l'intégrité des modes de communication des professionnels des médias et au respect de la vie privée. De telles méthodes mettent en danger les sources de ces reporters, qui y voient, à raison, une tentative supplémentaire d'intimidation. Les autorités continuent à faire monter la pression sur les journalistes indépendants alors que les élections de 2011 approchent", a déclaré Reporters sans frontières.

"À moins de trois mois de l'entrée en vigueur d'un décret liberticide sur Internet, destiné à renforcer le contrôle sur le dernier bastion de liberté, le site Charter 97 est plus que jamais dans la ligne de mire des autorités. Cette enquête n'est qu'un prétexte pour mieux identifier et surveiller les collaborateurs de Charter97.org", a ajouté l'organisation.

L'enquêteur Alyaksandr Puseu a expliqué à Natallya Radzina de Charter97.org qu'ils n'avaient pas trouvé de documents liés à cette affaire de diffamation dans les ordinateurs saisis mais qu'ils avaient trouvé plus de 3000 articles utilisant le mot-clé "diktatura" (dictature). La journaliste a été interrogée en détails sur la manière dont le site fonctionne. Elle a confié à Reporters sans frontières que "les interrogatoires et perquisitions rendent notre travail impossible. Cela revient à mettre une interdiction en place sur toute la profession".

En 2009, Ivan Korzh avait porté plainte, tentant d'obtenir le retrait d"un article paru sur Charter97.org et intitulé : "Des proches des policiers arrêtés se plaignent de la dictature".

L'association des journalistes bélarusses (BAJ) considère ces actions comme dénuées de fondement légal et appelle les autres journalistes à se mobiliser en soutien à leurs confrères. Selon Andrei Aliaksandrau, son vice-président, "nous assistons à des tentatives d'interférence dans les activités journalistiques et de suppression des voix indépendantes".

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