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Renforcement de la pression sur les journalistes à l'occasion de la "journée de la liberté"

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières s'indigne de l'arrestation des journalistes Aleksandr Lomachkin et Ales Asiptsou, le 24 mars 2011, à la veille d'une date traditionnellement célébrée par l'opposition au Bélarus, "Dzen Voly" (journée de la liberté). Dans un contexte de fort durcissement du régime autocratique d'Aleksandr Loukachenko, l'organisation dénonce ces nouvelles atteintes à la liberté de la presse, qui visent à entraver la diffusion de toute information relative aux mouvements d'opposition dans le pays.

Aleksandr Lomachkin, journaliste russe fondateur du site spécialisé sur les droits de l'homme Svoboda, a été expulsé du train Tcheliabinsk-Brest le 24 mars vers 1h00 du matin à Orch, à la frontière bélarusse. Après avoir été fouillé par deux officiers qui prétendaient chercher de la drogue, le journaliste a été arrêté pour insulte à agent et immédiatement condamné à trois jours de prison. Après les défenseurs des droits de l'homme Maxim Kitsyuk et Andrei Yurov, expulsés respectivement les 9 et 17 mars, Alexandr Lomachkin est la dernière victime en date d'un contrôle accru sur la circulation de personnes porteuses d'informations dérangeantes pour le pouvoir.

Ce même 24 mars, en début d'après midi, le bélarusse Ales Asiptsou, journaliste travaillant pour plusieurs médias indépendants dont BelaPAN, a également été condamné à trois jours de prison. Il a été arrêté près de sa maison à Mahilyou pour avoir "uriné dans un espace public".

"Les motifs ridicules invoqués pour justifier ces arrestations ne peuvent cacher leur véritable motivation : empêcher le travail de deux journalistes qui avaient l'intention de couvrir les célébrations (au demeurant discrètes) prévues par l'opposition le 25 mars, pour le 93ème anniversaire de la première république bélarusse indépendante et démocratique. Alexsandr Lomachkin avait d'ailleurs obtenu légalement son accréditation", a déclaré Reporters sans frontières.

Ces événements interviennent trois mois après la forte répression consécutive aux élections présidentielles très controversées du 19 décembre 2010. Les pressions sur les journalistes qui avaient couvert les manifestations continuent, comme en témoigne la situation d'Andrey Pachobut, correspondant du journal polonais "Gazeta Wyborcza". Après avoir purgé sa peine de quinze jours de prison, il s'est vu refusé son accréditation par le ministère des Affaires étrangères début mars, sous prétexte de "couverture biaisée de l'information". Le journaliste ne peut donc plus travailler, sous peine d'amende, et a même été empêché de rejoindre la Pologne le 23 mars.

Dans ce contexte, le procès qui oppose "Narodnaya Volya" au ministère de l'Information revêt une grande importance. Le journal indépendant conteste un avertissement reçu pour "diffusion d'information sur une organisation n'ayant pas obtenue d'enregistrement légal". Il avait été rappelé à l'ordre pour avoir cité Zmitser Dashkevitch, le dirigeant de "Molodoy Front" (Front de la jeunesse), organisation jugée illégale par le pouvoir, dans un article paru en septembre 2010 et qui traitait de la campagne de plusieurs mouvements d'opposition appelant à la démission du président Loukachenko. Pour Iosif Syaredzich, rédacteur en chef de 'Narodnaya Volya', c'est "un exemple de censure visant la presse indépendante". Si la plainte du journal était rejetée, cela créerait un précédent intolérable : les médias ne pourraient plus citer le nom de groupes d'opposition non autorisés. Reporters sans frontières suit avec attention ce procès, dont la prochaine audience était prévue pour le 28 mars.

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