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Des dissidents sont condamnés à la suite de protestations contre le résultat de l'élection

La journaliste Irina Khalip s’adresse à la presse au palais de justice de Minsk le 16 mai, soit le jour où elle a été condamnée pour sa participation à un rassemblement en décembre 2010 contre la réélection du Président Alexander Loukachenko
La journaliste Irina Khalip s’adresse à la presse au palais de justice de Minsk le 16 mai, soit le jour où elle a été condamnée pour sa participation à un rassemblement en décembre 2010 contre la réélection du Président Alexander Loukachenko

Vasily Fedosenko/REUTERS

La semaine dernière, la journaliste Irina Khalip s'est vu infliger une peine de deux ans de prison avec sursis pour « organisation et participation » aux manifestations de décembre dernier contre la réélection du Président Alexander Loukachenko, tandis que son mari, le candidat d'opposition Andreï Sannikov, a été condamné à cinq ans pour sa participation aux manifestations contre l'élection, selon ce que rapportent Index on Censorship, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et d'autres membres de l'IFEX. Tandis que Loukachenko accentue son attaque contre les forces favorables à la démocratie, les États-Unis et l'Union européenne se sont joints aux membres de l'IFEX pour demander la remise en liberté immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques.

Un tribunal du Bélarus a infligé la peine de deux ans avec sursis à Khalip le 16 mai pour avoir « organisé et avoir participé à des troubles de masse ». Selon le CPJ, « cette peine de deux ans de prison avec sursis constitue une mesure de représailles aux reportages critiques d'Irina Khalip ». Le CPJ ajoute que, combinée aux restrictions imposées à ses déplacements, cette peine « vise à refroidir les ardeurs du journalisme critique ».

Le procès fait suite à l'élection de décembre, considérée dans une large mesure comme truquée. Loukachenko a été proclamé vainqueur avec près de 80 pour 100 des voix.

Le soir de l'élection, la police a dispersé violemment un rassemblement qui avait attiré des dizaines de milliers de protestataires. Environ 700 personnes ont été arrêtées, dont sept candidats à la présidence. Plus de 20 militants d'opposition ont été condamnés à des peines de prison.

Correspondante à Minsk du journal russe « Novaïa Gazeta », Khalip sera en liberté surveillée et devra se présenter de nouveau au tribunal dans deux ans. D'après le CPJ, elle doit également indiquer à la police tous ses projets de déplacements, et il lui est interdit de sortir de Minsk pendant plus d'un mois et de changer de domicile.

Après l'audition, elle a déclaré aux reporters qu'il s'agissait d'un procès politique. « Je me sens toujours comme une otage politique », a-t-elle dit. Ses avocats vont interjeter appel du verdict.

Sannikov, qui a remporté le plus de voix parmi les neuf candidats d'opposition avec 2,43 pour 100, a déclaré lors de son procès avoir été torturé par la police secrète, dont le chef l'a menacé personnellement de dures représailles contre sa femme et leur fils de quatre ans. Plus tôt cette année, les autorités avaient menacé de placer leur fils dans un orphelinat.

Depuis que la sentence a été prononcée, les États-Unis et l'Union européenne ont demandé la libération des prisonniers politiques du Bélarus et menacé d'étendre les sanctions. Après les manifestations de décembre, ils ont imposé au gouvernement de sévères sanctions, notamment l'imposition d'un interdit de voyage à Loukachenko et à d'autres hauts dignitaires.

Le ministère des Affaires étrangères de Russie a critiqué les peines « sévères », et pressé Minsk « de se montrer plus responsable en se conformant à ses obligations internationales en matière de droits de la personne ». D'après les dépêches, le Kremlin a fait pression récemment sur le Bélarus, son allié, afin semble-t-il de soutirer des concessions sur des questions économiques.

Selon Janna Litvina, présidente de l'Association des journalistes du Bélarus (AJB), la situation économique difficile du Bélarus force le régime à rechercher encore davantage la confrontation avec la presse indépendante. Par ailleurs, les Biélorusses recherchent une information indépendante « comme jamais auparavant », dit-elle.

Plus d'une dizaine de journalistes ont participé à un rassemblement éclair le 4 mai pour marquer leur appui aux journaux indépendants « Narodnaya Volia » et « Nasha Niva », que le gouvernement a menacés de fermeture.

Pendant la cérémonie d'ouverture de l'exposition officielle « Les médias au Bélarus », les journalistes ont sorti de leurs poches des exemplaires des journaux et les ont lus pendant que des officiels du ministère livraient leurs discours de salutation. Cette année, les organisateurs de l'exposition n'ont pas permis à l'Association des médias de masse unis de la presse régionale, une association de 20 journaux indépendants de l'État, d'y assister pour « des raisons organisationnelles et techniques ».

Le Chef adjoint de l’Administration présidentielle, Aliaksandr Radzkou, accorde une entrevue tandis qu’une foule de participants est réunie derrière lui dans un rassemblement éclair le 4 mai lors de l’exposition « Les médias au Bélarus »
Le Chef adjoint de l’Administration présidentielle, Aliaksandr Radzkou, accorde une entrevue tandis qu’une foule de participants est réunie derrière lui dans un rassemblement éclair le 4 mai lors de l’exposition « Les médias au Bélarus »

BAJ

« Au Bélarus, la vie des journalistes n'a jamais été facile, mais aujourd'hui il semble que ce soit un test de résistance extrême », écrit sur le blogue d'Index Olga Birukova, une journaliste biélorusse basée à Londres. « Certains journalistes ont quitté le pays, d'autres ont entrepris une grève de la faim et d'autres encore luttent depuis leur cellule de prison. »

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