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Après le retrait d'une plainte en diffamation, un journaliste au Bélarus risque toujours l'emprisonnement

Des partisans d'Andrzej Poczobut possèdent des copies d'un journal montrant son portrait le 5 juillet 2011
Des partisans d'Andrzej Poczobut possèdent des copies d'un journal montrant son portrait le 5 juillet 2011

REUTERS/Vasily Fedosenko

Reporters sans frontières salue le retrait d'une plainte en diffamation contre le journaliste bélarus d'origine polonaise Andreï Pachobut (Andrzej Poczobut ou Анджей Почобут), suite à des articles critiques à l'encontre du Président de la République. Le journaliste demeure cependant sous le coup d'une condamnation à trois ans de prison avec sursis dans une affaire similaire.

“Nous demandons aux autorités bélarusses de mettre un terme à toutes les poursuites judiciaires, clairement politiques, dont Andreï Pachobut fait l'objet. Le journaliste doit également être autorisé à voyager à l'étranger. Les articles du code pénal 367, 368, 369 et 369.1 qui traitent de (diffamation et insulte contre un officiel ou le Président et discrédit de la République) doivent être abrogés, ainsi que les autres dispositions qui limitent la liberté de l'information dans le pays”, a déclaré Reporters sans frontières.

En juin 2012, Andreï Pachobut, correspondant pour plusieurs médias indépendants dont le journal polonais Gazeta Wyborcza, avait été arrêté et inculpé sur le fondement de l'article 367.2 du code pénal, pour "diffamation contre le Président de la République". Après avoir examiné certains de ses articles publiés sur les sites webs charter97.org et belaruspartizan.org, des linguistes y auraient repéré des expressions "insultantes à l'égard du chef de l'Etat" et "discréditant la République du Bélarus”. Il avait été relâché fin juin 2012. Selon le journaliste, ce deuxième procès aurait eu pour but de le forcer à quitter le pays.

Selon l'Association Bélarusse des Journalistes (BAJ) qui cite le comité d'instruction de Hrodna à l'ouest du pays), “en l'absence de données objectives prouvant que Pachobut ait commis un crime” et “les resultats des expertises linguistiques divergeant”, l'enquête a été classée le 15 mars 2013. Le journaliste est autorisé à voyager dans le pays, ce qui facilitera son travail, mais ne peut toujours pas se rendre à l'étranger.

Il s'agit de la deuxième affaire de diffamation dont le journaliste fait l'objet en deux ans. En 2011, Andreï Pachobut était poursuivi pour avoir diffamé et insulté le président Loukachenko dans dix articles, parus en 2010 et 2011 sur les sites du journal Gazeta Wyborcza et de belaruspartisan.org, ainsi que sur son blog. Maintenu abusivement en détention provisoire pendant trois mois, le journaliste a été condamné à 3 ans de prison qu'il ne purgera qu'en cas de violation du contrôle judiciaire dont il fait l'objet. Le tribunal rendra sa décision finale en septembre 2013.

Depuis dix ans, au moins neuf personnes, dont trois journalistes, ont été condamnés à des travaux forcés ou à des peines de prison avec sursis au Bélarus pour diffamation et insulte envers le président Loukachenko.

La Bélarus est situé à la 157ème place sur 179 dans le classement mondial 2013 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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