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Journalistes indépendants détenus par des autorités bélarusses

Reporters sans frontières demande la remise en liberté immédiate et sans condition de deux journalistes indépendants, incarcérés depuis le 6 mai 2013.

« L'arrestation illégale de Dzmitry Halko et Alyaksandr Iarachevitch et les charges absurdes retenues contre eux ne sont qu'un nouveau témoignage de l'acharnement des autorités à réprimer le journalisme indépendant, et un signe d'intimidation adressé à la profession. Les deux reporters ont été condamnés en violation complète de leur droit à un procès équitable. Ils doivent immédiatement être remis en liberté », a déclaré l'organisation.

Dzmitry Halko, journaliste freelance et ancien collaborateur du journal indépendant Narodnaya Volya, et Alyaksandr Iarachevitch, correspondant de la station indépendante Radio Racyja, ont été arrêtés dans la soirée du 6 mai 2013 à la sortie d'une station de métro de Minsk. Ils venaient de couvrir la libération de manifestants incarcérés après la marche antinucléaire du 26 avril, un rassemblement annuel de militants écologistes et d'opposition.

Les deux journalistes ont été contraints de prendre place, sans aucune explication, dans un minibus de la police. Ils ont passé la nuit en garde à vue et ont été jugés dès le lendemain par le tribunal du district de Maskouski (Minsk), qui les a reconnus coupables de « résistance aux forces de l'ordre » et de « hooliganisme ». Dzmitry Halko et Alyaksandr Iarachevitch ont été condamnés respectivement à dix et douze jours de prison. D'après l'Association bélarusse des journalistes (BAJ), présente lors des deux procès, les seuls témoins appelés à la barre étaient les policiers qui avaient procédé à l'arrestation des journalistes. Leurs déclarations étaient floues et contradictoires. Tout enregistrement, même audio, du procès, était interdit.

Il s'agit de la deuxième arrestation en dix jours pour Alyaksandr Iarachevitch, condamné à trois jours de prison avec son collègue Henadz Barbarytch après avoir couvert la manifestation du 26 avril. Quelques heures avant d'être arrêté à nouveau, il venait de faire appel de sa première condamnation devant le tribunal municipal de Minsk.

« Iarachevitch a été arrêté parce qu'il est reporter pour Radio Racyja, qu'il est venu accueillir des activistes d'opposition [à leur sortie de prison], et parce que les autorités ne l'aiment pas », a déclaré Henadz Barbarytch à Reporters sans frontières. Les correspondants de Radio Racyja, une station indépendante qui émet depuis Bialystok en Pologne, sont régulièrement privés d'accréditation par les autorités bélarusses.

Dans un développement séparé, le correspondant du service bélarusse de Radio Free Europe/ Radio Liberty (RFE/RL), Aleh Hruzdzilovitch, a été convoqué au parquet de Minsk le 8 mai 2013 et soumis à un interrogatoire concernant ses enquêtes sur la réponse apportée par les autorités à l'attentat du métro de Minsk, en avril 2011. Au terme de son interrogatoire, le journaliste s'est vu remettre un avertissement l'incitant à ne plus « diffuser des informations biaisées et délibérément déformées », ni « discréditer le système judiciaire » bélarusse.

A l'occasion du deuxième anniversaire des attentats, Aleh Hruzdzilovitch a publié un livre intitulé « Qui a posé la bombe du métro de Minsk ? » et consacré une série d'articles à ce sujet. Il y met en cause la crédibilité de l'enquête menée sur cet événement et l'impartialité de la justice bélarusse. Le sujet est hautement sensible pour les journalistes, dont plusieurs ont été inquiétés du fait de leurs investigations.

Le Bélarus est situé à la 157e place sur 179 pays dans le classement mondial 2013 de la liberté de la presse, réalisé par Reporters sans frontières.