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Les médias sont attaqués au cours d'une grève de policiers

La vague d'agitation sociale et ouvrière qui secoue la Bolivie depuis des mois a pris une tournure inquiétante lorsque la police a déclenché une mutinerie pour exiger une augmentation de salaire et que les journalistes, dans plusieurs villes, sont devenus les cibles de sa colère, selon ce que rapporte Reporters sans frontières (RSF). L'Association nationale de la presse (Asociación Nacional de la Prensa, ANP) basée à La Paz, a recensé plusieurs assauts contre la presse.

Une journaliste de Radio Patria Nueva, Helen San Román, a été tabassée le 26 juin à La Paz, rapporte l'ANP. Irene Tórrez, du réseau Red PAT, a été agressée tandis qu'elle couvrait le conflit policier à Oruro.

Une équipe de journalistes qui travaillait pour Televisión Boliviana a dû s'enfuir le 23 juin lorsqu'une foule imposante de manifestants à Santa Cruz les a accusés de « minimiser les demandes policières », rapporte RSF. Dans d'autres cas, des journalistes ont été attaqués par la police qui n'a pas voulu croire que c'étaient des journalistes. Par exemple, Miguel Zambrana, journaliste collaborant au bureau de presse du vice-président, a été tabassé gravement le 25 juin à La Paz par des officiers de police en uniforme et accusé d'être un « infiltrateur », dit RSF. De la même façon, 15 journalistes et opérateurs de caméra de la chaîne de télévision d'État des villes de La Paz, Cobija, Trinidad et Santa Cruz de la Sierra ont été attaqués après avoir été pris pour des « espions », dit l'ANP.

Les reportages des radiodiffuseurs de la télévision et de la radio locale donnent à penser que des individus qui ne sont pas liés aux médias ont dans certains cas infiltré la presse afin de filmer certaines des confrontations. Bien qu'on ne sache pas clairement à quelles fins ces enregistrements serviront, l'ANP exprime son inquiétude devant ce phénomène et ses possibles répercussions négatives sur la presse locale. Les officiers de la police, qui gagnent en moyenne entre 150 et 200 $US par mois, exigent des salaires égaux à ceux des soldats du même rang, rapporte la BBC. La violence a éclaté le 21 juin à La Paz, et s'est propagée dès le lendemain à d'autres grandes villes comme Santa Cruz, Cochabamba et Oruro.

Un incident est survenu qui pourrait aussi être lié à la grève de la police : un attentat à la dynamite a détruit le 26 juin l'antenne de Radioemisoras Bolivia, la station de radio communautaire basée à Oruro, la contraignant à quitter temporairement les ondes, disent l'ANP et RSF. Selon le gérant de la station, Félix Condori, la station avait reçu auparavant des appels téléphoniques de menaces, qui critiquaient ses reportages. C'est la troisième station locale à être visée par un attentat à la dynamite au cours du dernier mois, indique RSF, mais les attentats contre les autres stations semblent être liés à des conflits miniers. Au milieu d'affrontements qui durent toujours à propos de la gestion d'une mine d'étain et de zinc dans la ville de Colquiri, Radio Vanguardia et Radio Cumbre ont été forcées de suspendre leurs émissions après avoir été attaquées à l'explosif le 14 juin.

Cherchant à mettre un terme au conflit minier qui dure depuis une semaine, le gouvernement a annoncé le 26 juin qu'il avait enfin conclu une entente afin de satisfaire la compagnie minière d'État Comibol et les coopératives minières indépendantes, selon ce que rapporte Reuters. Le gouvernement Morales semble aussi être sur le point de résoudre la grève de la police, mais continue à affronter des épisodes successifs de troubles. Entre-temps, l'ANP a lancé un appel au dialogue, elle demande le retour au calme dans le pays et la fin des attaques contre la libre expression.

Un élément positif toutefois : RSF a accueilli favorablement une initiative discutée au parlement qui vise à créer un programme d'assurances pour les journalistes à qui on demande de couvrir les conflits et l'agitation sociale, ou plus généralement les événements à haut risque. Le projet de loi a été proposé par la Fédération des travailleurs de la presse de La Paz après le meurtre le 25 février de deux frères journalistes dans la ville d'El Alto, selon ce que rapporte le Knight Center.

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