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Avalanche de poursuites contre un documentariste français dans le but de censurer son film

(RSF/IFEX) - Huit procédures dont une criminelle, assorties d'une demande de 60 000 euros de dommages et intérêts. Documentariste français, José Huerta a tourné en 2008 un film sur le développement touristique et ses effets pervers dans un petit village du nord-est brésilien, Parajuru. Le procès pour crime doit s'ouvrir le 5 mai 2010. Il porte, entre autres, sur de prétendus propos diffamatoires qui ne figurent pas dans le documentaire.

"Si José Huerta est dans son droit sur le fond, nous appelons la justice de l'État de Ceará saisie de ce dossier à ne pas céder à d'éventuelles pressions, notamment économiques, et entériner ainsi un acte de censure".

"Nous avons visionné 'Une semaine à Parajuru'. Nous pouvons garantir la volonté d'objectivité de son auteur, qui donne la parole tant aux représentants du groupe de promoteurs autrichiens à l'origine des projets touristiques en cours à Parajuru, qu'aux populations originaires des lieux".

À travers son film, José Huerta ne cherche pas à s'opposer à tout prix à des initiatives de développement. Il souligne, avec raison, le manque de concertation du groupe autrichien dirigé par Gisele Wisniewski avec la communauté locale. Il pointe les problèmes démographiques et environnementaux posés par ce genre d'investissements, dont certains ont été déclarés illégaux par les autorités fédérales. Il rappelle enfin, sans pour autant accuser les promoteurs qu'il filme, les possibles dérives du tourisme de masse.

Tout en apparaissant brièvement dans une séquence du film, Gisele Wisniewski a refusé de répondre elle-même aux questions de José Huerta. Le cinéaste a en revanche interrogé son entourage proche. En gage de bonne foi, José Huerta a même organisé une projection à Parajuru, en avril 2009, devant l'ensemble des acteurs concernés. C'est à la suite de cette projection, nous a-t-il expliqué, qu'une plainte a été déposée contre lui avant l'ouverture, en juillet 2009, des huit procédures, dont il a reçu notification en janvier 2010.

"Absolument rien ne justifie la moindre procédure contre cette œuvre, encore moins sa saisie ou sa censure", a déclaré RSF, qui s'est demandé si l'attitude des promoteurs s'expliquait par le fait qu'un proche de Gisele Wisniewski a été éclaboussé par un scandale financier en Autriche en septembre 2009 (Buwog Affäre) et que l'argent détourné aurait été réinvesti à Parajuru.

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Lire également le site de la campagne de soutien au film

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