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Deux journalistes tués en une semaine

Paulo Rocaro est le deuxième journaliste à être assassiné au Brésil au cours de la dernière semaine
Paulo Rocaro est le deuxième journaliste à être assassiné au Brésil au cours de la dernière semaine

Divulgação

Un journaliste brésilien qui couvrait la corruption a été abattu dimanche soir près de la frontière du Paraguay, dans un incident que la police décrit comme étant probablement un meurtre commis par un tueur à gages, selon ce que rapportent le membre de l'IFEX au Brésil, l'Associação Brasileira de Jornalismo Investigativo (ABRAJI), ainsi que d'autres groupes membres de l'IFEX. C'était le deuxième meurtre d'un journaliste brésilien en moins d'une semaine, dit l'ABRAJI.

Paulo Roberto Cardoso Rodrigues, connu sous le nom de Paulo Rocaro, était rédacteur au quotidien local « Jornal da Praça » et au site web de nouvelles « Mercosul News », et couvrait fréquemment la politique locale. Il rentrait chez lui en voiture lorsqu'il a été atteint de cinq projectiles tirés par deux individus circulant à motocyclette, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et l'Institut international de la presse (IIP). Il a succombé le lendemain à l'hôpital.

Selon le CPJ, le quotidien paraguayen « ABC Color » a rapporté que Rocaro avait été extrêmement critique du maire local, et avait soutenu la campagne d'un candidat de l'opposition à la mairie. Le journaliste sortait d'une rencontre avec ce candidat quand il a été assassiné, rapporte le journal.

Rocaro vivait dans une région située en bordure de la frontière du Paraguay, qui a une longue histoire de violence et de trafic de drogue, disent les membres de l'IFEX. Les premiers éléments de preuve donnent à penser que ce meurtre est d'inspiration politique, même si on n'écarte aucun autre motif. La police a demandé les images vidéo des caméras de sécurité situées près du lieu du crime, indiquent les dépêches.

Mario Randolfo Marques Lopes
Mario Randolfo Marques Lopes

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Dans une autre affaire distincte, le 9 février, le cadavre du journaliste brésilien Mario Randolfo Marques Lopes a été retrouvé à Barra do Piraí, situé dans l'État de Rio de Janeiro, dit l'ABRAJI. D'après le CPJ, Randolfo a été enlevé à son domicile dans la soirée du 8 février avec sa compagne, Maria Aparecida Guimarães, et tous deux ont été abattus.

En tant que rédacteur en chef du site web de nouvelles Vassouras na Net, Randolfo publiait fréquemment des reportages sur la corruption locale. Son article le plus récent accusait les juges et les tribunaux locaux de corruption et d'être trop puissants, a constaté le CPJ. D'après l'IIP, Lopes était en outre poursuivi pour diffamation par un juge et un officier de la police.

Lopes avait été la cible d'une attaque il y a tout juste un mois. En juillet dernier, un inconnu armé est entré dans la salle des nouvelles du site web et a ouvert le feu à cinq reprises sur Randolfo, l'atteignant à la tête et le plongeant dans le coma pendant trois jours, selon ce que rapporte le CPJ. Il a survécu et, pour sa sécurité, il a décidé de déménager à Barra do Piraí, mais n'a pas cessé de travailler sur son site web. Personne n'a été accusé d'avoir perpétré cet attentat, rapporte la Société interaméricaine de la presse (SIP).

Des officiers de la police ont déclaré que le journaliste avait de nombreux ennemis. L'officiel local José Mário Salomão de Omena a dit aux reporters : « il s'était fait tellement d'ennemis qu'il est difficile même de savoir par où commencer ».

Le CPJ a documenté en 2011 un accroissement de la violence mortelle au Brésil. Deux journalistes ont été tués au Brésil l'an dernier en relation directe avec leur travail, et quatre autres l'ont été dans des circonstances nébuleuses, dit le CPJ.

D'après RSF, le pays a connu une violence croissante contre la presse et, par conséquent, il a perdu 41 places au dernier classement mondial de la liberté de la presse dressé par RSF.

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