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Studio de rádio brésilien détruit par une explosion

(RSF/IFEX) - Le 17 septembre 2012 - Tôt dans la matinée du 13 septembre 2012, à União dos Palmares dans l'État d'Alagoas, deux hommes ont fait irruption dans les locaux de Rádio Farol FM pour y déposer une bombe. L'explosion a entièrement détruit le studio d'enregistrement, heureusement sans causer de blessés mais laissant la station hors d'état de transmettre. Les caméras de surveillance du local auraient capté des images des deux poseurs de bombe, et la police n'écarte pas des motifs politiques. Cet épisode est de mauvais augure à l'approche du scrutin municipal des 7 et 28 octobre prochains.

“Tentatives de censure en ligne, saisies de journaux et abus procéduriers ont, hélas, souvent ponctué cette campagne électorale. Un attentat de ce genre pourrait inciter à l'autocensure nombre de rédactions, au détriment de l'information pluraliste, particulièrement attendue en pareil contexte. Nous espérons que l'enquête en cours permettra au plus vite de punir les auteurs de l'attentat. Nous appelons, en même temps, les médias, qui appartiennent dans bien des cas à des hommes politiques en lice pour le présent scrutin, à observer au maximum les règles d'équité de temps de parole et d'équilibre dans la couverture de la campagne. Il y a va à la fois de l'esprit démocratique et de leur propre sécurité”, a déclaré Reporters sans frontières.

Rádio Farol FM appartient au député fédéral João Caldas (Parti écologique national - PEN). Elle est connue pour sa ligne éditoriale critique envers le maire sortant d'União dos Palmares Areski Freitas (Parti travailliste brésilien - PTB). Elle avait diffusé la veille de l'attentat un entretien entre celui-ci et l'ancien gouverneur Manoel Gomes de Barros (Parti de la social-démocratie brésilienne - PSDB), candidat à sa succession à la mairie d'União dos Palmares.

D'après son codirecteur Lucas García, cité dans la presse régionale, les auteurs de l'attentat auraient profité du départ du dernier vigile chargé de la surveillance nocturne, à 4 heures du matin, soit une heure avant l'arrivée du premier journaliste censé prendre son service. Le préjudice de l'attentat s'élève à plus de 25 000 reais (environ 10 000 euros).

La piste politique n'est malheureusement pas à exclure alors que se sont multipliées, durant la campagne, les manœuvres destinées à entraver ou à censurer des médias ou des blogs jugés hostiles. L'achat massif d'exemplaires s'est vérifié à Itaboraí (État de Rio de Janeiro), où des individus se revendiquant proches du candidat Altineu Cortês (Parti de la République) ont fait main basse sur 400 copies des éditions du quotidien O Dia, datées des 4 et 5 septembre.

La censure passe plus souvent par des décisions de justice, que les candidats saisissent abondamment. L'un des cas des plus spectaculaires aura été le blocage de diffusion par la police fédérale, le 30 août dernier à Campo Grande (Mato Grosso do Sul), du quotidien Correio do Estado, après la publication d'une enquête d'intentions de vote. Toutefois, les décisions de justice peuvent aller en sens contraire d'un territoire à un autre. Ainsi, à Curitiba (Paraná), le tribunal régional électoral (TRE) a fini par accéder à la plainte, d'abord rejetée en première instance, du candidat Gustavo Fruet (Parti démocratique travailliste – PDT) contre une enquête d'opinion réalisée par le site Datafolha. A l'inverse, à Fortaleza, le TRE a autorisé la diffusion d'un sondage commandé par le journal O Povo et publié par Datafolha, dont deux candidats avaient obtenu la suspension.

Le 3 septembre dernier, le journaliste et auteur de blog Fernando Conceiçao a dénoncé une tentative de censure de la part d'un candidat à la mairie de Salvador de Bahia, Mário Kertész (Parti du mouvement démocratique brésilien – PMDB). Celui-ci exige de la justice le retrait de toute mention d'une affaire de détournement de fonds relatée sur le blog du journaliste. La justice a suspendu sa décision. Tel n'est pas le cas du blogueur Tarso Cabral Violin, auteur du Blog do Tarso, condamné par le TRE de Curitiba, à la demande du maire de la ville Luciano Ducci (PSDB) à deux amendes d'un total de 106 000 reais (40 000 euros) pour la publication de deux simulations de vote.

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