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Coup de force de l'extrême droite contre la télévision publique nationale en Bulgarie

Le président d’Ataka, un parti d’extrême droite en Bulgarie, prononce un discours devant la municipalité de Sofia
Le président d’Ataka, un parti d’extrême droite en Bulgarie, prononce un discours devant la municipalité de Sofia

Johann Brandstätter/Demotix

Reporters sans frontières condamne fermement le coup de force mené par le parti d'extrême droite Ataka contre la télévision publique nationale (BNT), dans l'après-midi du 27 juin 2013. Dans la matinée, érigé sur une camionette lors d'un meeting improvisé devant ses militants, Volen Siderov, président d'Ataka, déclarait qu'il allait faire le tour de toutes les télévisions (publiques et privées) pour obtenir une couverture médiatique "plus positive" et "équilibrée" de son action, ajoutant au passage : "Nous allons jeter des pierres, des tomates, des oeufs sur les bureaux de BNT, bTV, Nova TV et Canal 3". Ataka, qui soutient au Parlement la majorité présidentielle, se plaint de la "partialité généralisée" des médias à son encontre. En s'appuyant sur son immunité parlementaire, Volen Siderov, a forcé avec un groupe de militants les barrages de police qui protégeaient l'entrée de la télévision publique. Ils ont occupé les locaux pendant plusieurs heures, perturbant partiellement le fonctionnement normal de la télévision, mais sans pour autant prendre le contrôle de l'antenne. Les militants du parti nationaliste ont quitté les lieux après une brève rencontre avec la direction et des échanges verbaux avec les membres de la rédaction.

"Nous dénonçons avec la plus grande fermeté l'attitude d'Ataka. Forcer l'entrée d'un média par la violence et en utilisant abusivement son immunité parlementaire n'est pas digne d'un président de parti, qui plus est membre du Parlement. La Bulgarie est un Etat membre de l'Union européenne. Ses parlementaires, quelle que soit leur tendance politique, ne peuvent se comporter avec un tel mépris pour l'indépendance éditoriale des médias. L'exemple ainsi donné est aussi déplorable qu'inadmissible. Une rencontre avec la direction de la chaîne publique aurait pu être obtenue par une voie administrative normale", a déclaré Reporters sans frontières.

"Nous demandons à Volen Siderov et aux militants d'Ataka de renoncer à leur projet de 'rendre visite' aux autres chaînes de télévision. D'autres recours sont éventuellement à leur disposition pour faire connaître leur point de vue".

"Nous invitons par ailleurs le Président de l'Assemblée Nationale, Michail Mikov, à revenir sur ses déclarations du 26 juin sur les antennes de BNR et de BTV. Il avait appelé les journalistes à une 'conduite responsable', accusant 'plusieurs chaines de télévision' de contribuer à la montée de la tension sociale et rappelé aux journalistes 'la manière dont il conviendrait de couvrir la situation dans la capitale et dans le pays'. Une telle ingérence dans la liberté éditoriale des médias audiovisuels est inconcevable au sein d'un état démocratique membre de l'Union européenne, tout spécialement quand elle émane du Président de l'Assemblée".

Les déclarations de Mihail Mikov ont déclenché une réaction rapide des journalistes bulgares qui lui ont adressé une lettre ouverte, déjà signée par plus d'une centaine de journalistes.

La Bulgarie se situe à la 87e place sur 179 dans le classement mondial 2013 de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontières. Le pays est le plus mal classé des Etats membres de l'Union européenne.

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