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Etat d'urgence au Burkina Faso : la liberté de l'information relativement préservée

Manifestants anti-gouvernementaux prennent sur ​​la podium de la chaîne de télévision d'Etat à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le 30 octobre 2014
Manifestants anti-gouvernementaux prennent sur ​​la podium de la chaîne de télévision d'Etat à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le 30 octobre 2014

REUTERS/Joe Penney

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 31 octobre 2014.

Selon nos informations, la nuit a été plutôt calme à Ouagadougou. Si l'antenne de RFI s'est remise à émettre vers 22h00, la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB) continue d'être coupée. Plusieurs sources affirment que les locaux ont été pillés. C'est donc sur une chaîne privée, Canal 3, que l'allocution du chef de l'Etat annoncant la dissolution de son gouvernement a été diffusée hier soir.

La RTB s'est attirée nombre de critiques ces derniers jours pour avoir minimisé la mobilisation populaire inédite, selon un journaliste présent à Ouagadougou, joint par Reporters sans frontières. « Alors que des milliers de manifestants sont descendus dans les rues au cours de la semaine écoulée, le média public a donné des chiffres de quelques centaines de protestataires seulement, explique-t-il. Ce positionnement a mis en danger les journalistes qui travaillaient à la radio et télévision nationale. Lorsque les manifestants ont pris le siège de la télévision, le directeur s'y trouvait et a dû s'enfuir. »

Les journalistes déclarent être à pied d'oeuvre sur le terrain et couvrent pour l'instant sans grande difficulté les évènements. Les quelques « désagréments » qui ont été signalés – tels que des vols ou destructions de matériel et des problèmes de circulation – sont attribués aux débordements liés aux manifestations plutôt qu'à une volonté délibérée de viser les journalistes.

Contexte

Face aux violentes protestations contre la réforme constitutionnelle, le président Blaise Compaoré a décrété l'état d'urgence et dissous le gouvernement. Le siège de la radiotélévision nationale envahie par les manifestants a cessé d'émettre. Reporters sans frontières appelle à ne pas faire obstacle aux journalistes qui doivent pouvoir exercer leur activité d'information dans un contexte propice aux rumeurs et aux tentatives de manipulation.

Le siège de la radio et de la télévision nationale du Burkina Faso à Ouagadougou a été envahi par des manifestants dans la matinée du jeudi 30 octobre. Vers 11H30, les émissions ont cessé. Selon RFI, plusieurs émetteurs de radio, dont celui de RFI, ont été coupés. Certains sites internet d'information ont été momentanément inaccessibles dans la matinée.

“Reporters sans frontières suit de près la situation à Ouagadougou, déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. Si l'attitude des manifestants envers les journalistes en reportage sur le terrain n'est pour l'instant pas hostile, il est important que les locaux de la radio télévision soient évacués le plus rapidement possible afin que celle-ci puisse recommencer à émettre. En cette période de crise, la population burkinabè a le droit d'être informée.”

Ces violences ont éclaté à la suite d'une semaine de grèves et manifestations contre le projet de réforme de la Constitution qui devait être voté par les parlementaires jeudi matin. Ce projet de loi devait permettre à Blaise Compaoré de se présenter à un nouveau mandat. Cela fait 27 ans que le président burkinabè est au pouvoir. Dans la foulée des évènements de ce matin, le porte-parole de l'exécutif a annoncé l'annulation du vote du projet de loi.

Le Burkina Faso est en 52e position sur 180 pays dans le Classement 2014 sur la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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