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Un procès pour Aung San Suu Kyi pour avoir contrevenu aux restrictions

La dirigeante du mouvement démocratique de Birmanie Aung San Suu Kyi a été retirée de sa demeure la semaine dernière et transférée à la prison d'Insein, sous l'inculpation d'avoir violé les conditions de l'ordre d'assignation à résidence prononcé contre elle. ARTICLE 19 et Human Rights Watch exigent que la communauté international fasse pression sur le gouvernement militaire birman pour qu'il mette fin à la détention d'Aung San Suu Kyi, qui dure depuis treize ans.

Suu Kyi subit un nouveau procès depuis le 18 mai pour avoir violé les conditions de son assignation à résidence en hébergeant un citoyen américain, John William Yettaw, qui a traversé un lac à la nage au début du mois pour lui rendre secrètement visite à son domicile. Dans une décision surprise, le 20 mai, la junte a permis à des journalistes et au public de couvrir son procès, rapporte l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA).

« La Chine, l'Inde et les membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE), par leur indifférence et leur inefficacité, portent chacun la responsabilité des briques et du mortier de la prison d'Aung San Suu Kyi », dit ARTICLE 19. L'ANASE a, depuis, exprimé sa « grave préoccupation » devant le procès de Suu Kyi, mais le pays qui préside le groupe régional, la Thaïlande, a exclu toute possibilité de sanction.

La loi birmane dispose qu'il est obligatoire d'informer les autorités militaires de la présence de tout visiteur qui passe la nuit, et les étrangers ne sont pas autorisés à passer la nuit dans un foyer birman. Suu Kyi risque jusqu'à cinq ans de prison aux termes de la Loi sur la protection de l'État, utilisée fréquemment pour incarcérer d'autres militants de la démocratie.

Yettaw subit un procès séparé pour violations de la loi sur l'immigration et d'une autre loi sur la natation dans le lac Inya, situé dans la ville.

« Le gouvernement militaire birman impute à un prisonnier la responsabilité d'une entrée par effraction dans une prison », dit ARTICLE 19. « Ce serait risible si ce n'était si incroyablement triste. »

Comme par hasard, l'appel de Suu Kyi contre son incarcération a été rejeté au début du mois, même si elle devait être remise en liberté le 27 mai. On s'attendait que la junte prolongeât sa détention encore une fois. L'ONU a déclaré que son emprisonnement est illégal en regard du droit international et même aux termes des lois de la Birmanie, qui prévoient une peine maximale de cinq ans de détention.

Les dernières accusations portées contre elle sont considérées généralement comme un prétexte que le gouvernement invoque pour garder Suu Kyi en détention au-delà des élections qu'il a prévues pour le début de l'an prochain. Le parti politique de Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, a annoncé qu'il ne présenterait pas de candidats aux élections de 2010 si Suu Kyi et d'autres prisonniers politiques ne sont pas libérés.

ARTICLE 19 presse en outre les intervenants intéressés d'écrire aux rédacteurs en chef des journaux les plus populaires de l'Inde pour leur demander d'attirer l'attention sur le rôle de leur gouvernement dans le maintien au pouvoir du régime illégitime de la Birmanie. Pour avoir les adresses, aller à : http://www.ifex.org/burma/2009/05/15/suu_kyi_incarcerated/

Dans le sillage de la réincarcération de Suu Kyi, la junte a accru les restrictions à l'utilisation de l'Internet, ce qui rend encore plus difficile pour les Birmans d'envoyer des courriels ou d'accéder à des sites web, selon ce que rapporte Reporters sans frontières (RSF). Les restrictions accrues, dit RSF, « laissent entendre que le gouvernement militaire est, encore une fois, en train d'essayer d'isoler la Birmanie, comme il le fait chaque fois que des tensions politiques se manifestent ».

Puis, le 15 mai, des journalistes qui travaillent pour diverses publications de Rangoon se sont plaints de leur incapacité à couvrir l'arrestation d'Aung San Suu Kyi en raison de la censure du gouvernement, indique la publication en exil « Irrawaddy » publiée en ligne.

Dans une affaire distincte, deux journalistes américains qui enseignaient à des élèves à Mandalay ont été arrêtés le 6 mai et déportés le lendemain à Bangkok, indique Mizzima News. Jerry Redfern et Karen Coates croient que leur affaire pourraient constituer une retombée des gestes commis récemment par leur concitoyen Yettaw, qu'ils ne connaissent pas.

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