RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Escalade du nombre des prisonniers politiques en dépit de la libération de quatre journalistes

Quatre journalistes birmans ont été remis en liberté après que le gouvernement militaire de la Birmanie eut annoncé à la télévision d'État, le 17 septembre, qu'il allait accorder l'amnistie à 7 114 prisonniers. Mais aucune mention n'a été faite des 2 200 prisonniers politiques et plus qui se morfondent toujours dans les prisons du pays, rapporte Mizzima News. Cette annonce est survenue le lendemain du jour où Human Rights Watch eut publié un dossier dans lequel le groupe affirme que la junte a plus que doublé le nombre des prisonniers politiques depuis deux ans, dont plus d'une centaine ces derniers mois.

Eint Khaing Oo, rédactrice en chef de « Ecovision Journal », et Kyaw Kyaw Thant, rédacteur adjoint du « Weekly Eleven Journal », ont été libérés de la prison d'Insein le 18 septembre, indique Mizzima. Ils avaient été arrêtés pour avoir parlé des victimes du cyclone Nargis, qui a frappé la Birmanie en mai 2008. Thet Zin, alias Maung Zin, rédacteur au « Myanmar Nation Weekly », et Aung Thwin, alias Aung Kyi, ancien rédacteur au « 90 Minutes Journal », ont aussi été remis en liberté.

Zin avait été arrêté en février 2008 pour possession d'une séquence vidéo montrant la répression des manifestations de protestation en faveur de la démocratie, survenues en septembre de l'année précédente, et d'un rapport de Paulo Sergio Pinheiro, Rapporteur spécial des Nations Unies pour la liberté de la presse en Birmanie, indiquent Mizzima et l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA). Zin et Thwin ont tous deux été arrêtés tandis qu'ils couvraient une marche de 30 victimes du cyclone Nargis venues défiler devant les bureaux des Nations Unies à Rangoon pour réclamer de l'aide.

D'après Reporters sans frontières (RSF), Monywa Aung Shin, un poète qui travaillait comme journaliste pour le magazine « Sar Maw Khung » et ancien membre de la Ligue nationale pour la démocratie, d'opposition, a aussi été libéré. Shin était détenu depuis septembre 2000.

Le magazine « The Irrawaddy » fait le lien entre cette amnistie et la visite du premier ministre birman Thein Sein à New York où il doit assister cette semaine à l'Assemblée générale des Nations Unies.

« Les généraux birmans préparent l'élection de l'an prochain, qui sera une imposture si leurs adversaires se trouvent en prison », déclare Human Rights Watch. « En dépit des récentes visites de conciliation par des officiels de l'ONU et de pays étrangers, le gouvernement militaire accroît en fait le nombre des voix critiques qu'il jette dans ses sordides prisons. »

Selon Human Rights Watch, on a constaté une répression à grande échelle après que le soulèvement populaire d'août et septembre 2007, alimenté en partie par les moines, eut été écrasé par le gouvernement. Des tribunaux siégeant à huis clos à l'intérieur des murs des établissements carcéraux ont administré des procès iniques et condamné plus de 300 personnalités politiques, défenseurs de la liberté de la presse, militants syndicaux, artistes, journalistes, comédiens, blogueurs, moines et religieuses bouddhistes à des peines excessives de prison - certaines de plus de 100 ans. Les activistes étaient accusés surtout aux termes du code pénal archaïque de la Birmanie, qui fait des crimes de la libre expression, des manifestations non violentes et de la formation d'organisations indépendantes.

Mizzima, le SEAPA et RSF rapportent que Eint Khaing Oo s'est vu décerner la bourse Alicia-Patterson Foundation (APF) et le prix Kenji-Nagai de la liberté de la presse, du nom d'un caméraman japonais tué par un soldat à Rangoon en 2007.

ADDITIONAL INFORMATION


Dernier Tweet :

The @ifjasiapacific, @RSF_AsiaPacific, & @CPJAsia reaffirm that amidst the ongoing political turmoil in the Maldive… https://t.co/CadEGUMGxq