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Réorganisation et modernisation de l'Internet birman : le régime en voie de centraliser et de renforcer son contrôle du Web ?

(RSF/IFEX) - L'entreprise birmane Yatanarpon Teleport, contrôlée par la junte, a annoncé en octobre 2010 le lancement du "premier portail web national" du pays, dans la lignée du développement de sa "Silicon Valley", dénommée Yadanabon Cyber City.

Dans un rapport exclusif, compilé par des sources locales et intitulé "le portail Web national : développement ou répression ?", Reporters sans frontières et la Burma Media Association s'inquiètent du fait que le nouvel Internet birman, décrit comme un progrès par le gouvernement, ne serve en réalité qu'à renforcer la surveillance et la répression qui frappent déjà les internautes birmans, tout en réservant les bénéfices d'un accès plus rapide et de meilleure qualité aux membres du régime.

Le développement de la fibre optique permettra l'accès à Internet mais aussi aux services de communication vocale et de TV sur Internet (VoIP et TVIP), grâce à l'augmentation de la bande passante disponible, qui passe de 1,285 Gbps à 3,145 Gbps.

Les internautes birmans seront répartis entre trois fournisseurs d'accès à Internet, contre deux à ce jour. L'un desservira le ministère de la Défense, un autre le gouvernement et un dernier les civils. Les actions de blocage – total ou partiel - d'Internet pour la population risquent d'en être facilitées, sans que ni le gouvernement ni l'armée ne soient affectés. En 2007, lors de la "Révolution Safran", les trois "catégories" étant desservies par les mêmes fournisseurs, la coupure d'Internet destinée à empêcher les civils de divulguer les images de la répression avait également touché militaires et membres du gouvernement. Par ailleurs, la nouvelle structure permettrait au ministère de la Défense de contrôler directement le point d'entrée d'Internet dans le pays.

Le gouvernement et les militaires bénéficieraient probablement d'un débit et de performances techniques plus élevés que l'internaute lambda, puisque les fournisseurs d'accès à Internet seraient de "tailles égales" pour les trois catégories, malgré des nombres d'utilisateurs très différents d'un FAI à l'autre. Le coût de ce nouveau service, qui se répercuterait sur les abonnements - pourrait également être un frein à l'amélioration du taux de pénétration du Web, actuellement autour de 2 %, dans un pays où le salaire moyen est de 20 euros, et l'heure de connexion dans les cybercafés s'élève à 40 centimes.

Ce portail national proposerait une messagerie Ymail et un service de chat Ytalk, destinés à concurrencer Gmail et Gtalk. Ils permettraient donc aux autorités d'accéder plus facilement aux communications des internautes.

Enfin, des mouchards indétectables pourraient être placés sur le serveur destiné à la population civile, afin de récupérer différentes données confidentielles. La junte militaire pourrait alors renforcer ses capacités de surveillance des internautes et des dissidents et réduire encore la liberté d'expression.

La Birmanie fait partie des douze pays qualifiés par Reporters sans frontières d'"Ennemis d'Internet", en raison du filtrage massif de sites et de la fréquence des ralentissements brutaux en période de troubles. La législation qui régit Internet – l'Electronic Act – est l'une des plus liberticides au monde. La junte militaire considère les net-citoyens comme des ennemis. Deux d'entre eux, Nay Phone Latt et Zarganar, sont en prison pour s'être exprimés librement sur la Toile.

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