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La libération de Suu Kyi met en lumière l'élection truquée et les prisonniers politiques toujours détenus

Aung San Suu Kyi s’adresse à la presse au quartier général de la Ligue nationale pour la démocratie le 14 novembre, le lendemain de sa remise en liberté
Aung San Suu Kyi s’adresse à la presse au quartier général de la Ligue nationale pour la démocratie le 14 novembre, le lendemain de sa remise en liberté

Mizzima News

Après presque huit ans de détention, la militante la plus célèbre de Birmanie, Aung San Suu Kyi, vient d'être libérée. Mais sa libération survient quelques jours à peine après que la junte birmane eut crié victoire dans les élections bidons organisées dans le pays, et alors que plus de 2 000 autres prisonniers politiques restent enfermés. Les membres de l'IFEX à travers le monde, qui font vigoureusement campagne en faveur de Suu Kyi - Mizzima News, l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC), Human Rights Watch, ARTICLE 19, pour ne nommer que ceux-là - ont salué dans sa libération le « premier pas » vers la liberté en Birmanie.

Le 13 novembre, le gouvernement militaire a libéré Suu Kyi, lauréate du prix Nobel, membre honoraire du PEN et membre du conseil d'administration d'ARTICLE 19. Elle a vécu en résidence surveillée pendant quinze des 21 dernières années. « Suu Kyi est passée par les portes tournantes de la détention à la liberté pendant plus de 20 ans; la vraie question est donc de savoir pendant combien de temps restera-t-elle en liberté cette fois-ci et à quelles conditions », s'est demandé Human Rights Watch.

« Sa remise en liberté représente une astuce extrêmement cynique de la part du gouvernement militaire dans le but de détourner l'attention de la communauté internationale de ses élections illégitimes. »

Les élections du 7 novembre, qui ont consolidé le pouvoir de la junte birmane « n'étaient pas crédibles », dit Human Rights Watch. La Birmanie était fermée aux observateurs, et le scrutin frauduleux et le bourrage d'urnes, en particulier dans les zones habitées par les minorités ethniques, ont été généralisés. D'après ARTICLE 19, des milliers de Birmans ont fui vers la Thaïlande voisine afin d'échapper à la violence qui en a résulté.

Les résultats complets des élections - les premières en vingt ans - n'ont toujours pas été rendus publics, mais selon les chiffres glanés jusqu'à présent, le Parti du développement de l'union solidaire (PDUS), soutenu par la junte, disposerait d'une solide majorité dans les deux chambres du parlement.

Les membres de l'IFEX disent que, maintenant que Suu Kyi est libre, l'attention doit se tourner vers la libération d'autres éminents défenseurs des droits et prisonniers politiques toujours détenus. Il y a notamment Zarganar, le comédien et poète bien-aimé de la Birmanie, qui purge une peine de 35 ans de prison pour avoir critiqué la lenteur des secours apportés par le gouvernement militaire après le cyclone Nargis.

Afin de marquer la Journée internationale des droits de l'homme, le 10 décembre, Amnistie Internationale et le PEN Canada ont organisé une campagne massive de rédaction de lettres pour exiger la libération de Zarganar. Cliquez ici pour vous y associer : http://www.amnesty.ca/writeathon/?page_id=1774

Le jour de sa remise en liberté, Suu Kyi a annoncé à ses partisans rassemblés au quartier général de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), qu'elle continuerait à se battre pour les droits de la personne, la libre expression et la règle de droit. Combien peut-elle accomplir reste à voir, tandis que la LND est officiellement dissoute.

« Aujourd'hui [13 novembre], elle est libérée. Mais demain, nous devons encore une fois confronter, exiger, rappeler et faire campagne. Il ne doit y avoir aucun doute, cette étape majeure ne doit être qu'une première étape. Celle-ci doit être suivie de beaucoup d'autres », dit ARTICLE 19.

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    Le 7 novembre, le peuple birman se rendra aux urnes dans tout le pays pour la première fois en 20 ans. Mais les partis politiques en lice ont rarement été vus ou entendus dans les médias d'État. Les sites web indépendants sont déjà censurés, et les journalistes étrangers ne seront pas autorisés à couvrir le spectacle. Trente-trois membres de l'IFEX, dont Mizzima News et l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), exercent des pressions auprès des gouvernements de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ANASE) qui se sont réunis cette semaine à Hanoï pour faire pression sur la Birmanie afin qu'elle respecte la libre expression - élément essentiel pour que les élections soient crédibles, disent-ils.



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