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Renforcement de la surveillance des médias et d'Internet sous l'ère Thein Sein

(RSF/IFEX) - Le 17 mai 2011 - Trois mois après l'élection de Thein Sein à la tête de la Birmanie, la liberté de la presse et la liberté de l'information sur Internet sont toujours bafouées. Alors que le Président a déclaré qu'il respectait "le rôle des médias en tant que quatrième pouvoir", les condamnations de journalistes à de lourdes peines, les suspensions de journaux et les descentes de police dans les cybercafés illustrent l'inflexibilité du régime qui reste constant dans sa politique d'intimidation et de contrôle. Surtout, tout un train de mesures vient durcir le contrôle de la junte dans l'utilisation du Net.

"Thein Sein vient d'annoncer, le 16 avril 2011, une amnistie générale des prisonniers condamnés à la peine de mort, mais cette mesure ne s'applique pas aux deux mille prisonniers politiques birmans. Les déclarations de bonne intention visent à masquer les récentes actions entreprises par le pouvoir, pour renforcer le verouillage de l'information," a déclaré l'organisation.

"Les autorités sont clairement inquiètes des risques de contagion du Printemps arabe. De nouvelles régulations sont destinées à intimider les internautes birmans et à les couper du monde extérieur. Des réflexes inacceptables alors que la Birmanie brigue la présidence de l'ASEAN, dont la charte mentionne le respect des libertés fondamentales, la promotion et la protection des droits de l'homme et la promotion de la justice sociale. Nous appelons les membres de l'ASEAN, dont l'Indonésie assume cette année la présidence, à faire pression sur la Birmanie pour qu'elle se mette en conformité avec les principes de l'organisation régionale", a ajouté l'organisation.

Reporters sans frontières a appris, le 12 mai 2011, la suspension par le Burma's Press Scrutiny and Registration Division (PSRD, organe de censure) de l'hebdomadaire True News, pour une durée de quinze jours. Le journal, basé a Rangoon est accusé d'avoir publié de fausses informations sur l'opérateur de téléphonie mobile du ministère des postes et telecommunications (MCPT). Selon The Irrawady, True News est accusé par le MCPT d'avoir faussement déclaré que toute personne en Birmanie qui possède un téléphone mobile GSM de détail coutant 1,5 millions de kyats [US 1.830 $], pourrait désormais payer un supplément de 50.000 kyats [60 $] pour recevoir un second téléphone mobile. L'article du journal citait notamment Zaw Min Oo, un ingénieur en chef des télécommunications du MCPT. Selon un reporter de True News, ayant souhaité garder l'anonymat, d'autres articles ayant gêné les autorités seraient à l'origine de la suspension.

Par ailleurs, les cybercafés, déjà régis par des directives draconiennes émanant du ministère des Postes et Télécommunications, et qui prévoient notamment la conservation des données personnelles des clients, de leur historique de navigation et leur mise à disposition des autorités, etc, doivent désormais faire face à davantage de restrictions. L'utilisation de disques durs externes, clés USBs et CDs dans les cybercafés est désormais interdite, tout comme l'utilisation des services de téléphonie sur Internet (VoIP) pour appeler l'étranger. Selon le ministère, ces services occasionneraient des pertes de revenus pour l'Etat. Dans les faits, une telle mesure vise à isoler davantage les dissidents et à gêner les internautes dans leurs échanges. Elle frappe notamment de plein fouet les utilisateurs de services comme Skype, Gtalk, Pfingo et VZO et s'explique par la difficulté pour les autorités de surveiller ces communications.

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