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Les membres de l'IFEX saluent la libération des journalistes et des blogueurs

Le 27e anniversaire de naissance de la vidéojournaliste Hla Hla Win, de DVB, le 9 septembre 2011, a été marqué par la présence de manifestants à l’extérieur des ambassades de Birmanie à Bangkok, Genève, Paris et Londres, qui demandaient sa remise en liberté
Le 27e anniversaire de naissance de la vidéojournaliste Hla Hla Win, de DVB, le 9 septembre 2011, a été marqué par la présence de manifestants à l’extérieur des ambassades de Birmanie à Bangkok, Genève, Paris et Londres, qui demandaient sa remise en liberté

Democratic Voice of Burma

Dans un geste montrant l'engagement du gouvernement à procéder à des réformes, la Birmanie vient de libérer plus de 650 prisonniers à la faveur d'une amnistie présidentielle, qui touche notamment l'éminent blogueur Nay Phone Latt, cinq journalistes de Democratic Voice of Burma (Voix démocratique de Birmanie, DVB) et le musicien-journaliste bien connu Win Maw, selon ce que rapportent Mizzima News et d'autres membres de l'IFEX. De toutes les personnes relâchées dans cette dernière ronde de remises en liberté, 302 étaient des prisonniers politiques.

Les journalistes Win Maw, Sithu Zeya, Maung Maung Zeya, Hla Hla Win, Ngwe Soe Linn, Zaw Thet Htwe, Myint Naing, Thant Zin Aung et Nay Phone Latt figurent parmi ceux qui ont été libérés le 13 janvier, rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Certains d'entre eux purgeaient des peines allant jusqu'à 32 ans pour leurs reportages, dit le CPJ.

Cette libération massive a aussi inclus Min Ko Naing, un des dirigeants du soulèvement avorté de 1988, considéré par bien des gens comme le dissident le plus connu toujours derrière les barreaux. Nilar Thein, un autre vétéran de la Génération des Étudiants Birmans de 88, ainsi que le moine U Gambira ont aussi été libérés, comme l'ont confirmé Mizzima News et ARTICLE 19.

D'après Reporters sans frontières (RSF), contrairement aux amnisties précédentes, celle-ci a été réalisée en vertu d'un article du code de procédure criminelle au lieu de l'article 204 de la Constitution - ce qui donne à penser qu'elle n'avait pas l'aval du Conseil national de défense et de sécurité.

Selon RSF, après sa sortie de prison, Sithu Zeya a déclaré « je pense que [le Président] est plutôt convenable parce qu'il [procède à des réformes] sous une forte pression. Mais cela dépend beaucoup aussi des hommes qui sont derrière lui; une seule personne convenable ne suffit pas pour faire changer les choses. Nous avons besoin de l'entière coopération des deux côtés pour édifier un système démocratique. »

Le nombre des prisonniers politiques documentés avant les remises de peine varie entre 500 et 1 500, dit ARTICLE 19. Au moins huit des prisonniers toujours détenus sont des blogueurs et des journalistes, dit RSF. Les membres de l'IFEX continuent de suivre de près les listes des détenus libérés à mesure qu'elles sont rendues publiques.

« Malheureusement, sans presse libre ni liberté de parole, nous ne savons pas combien de prisonniers politiques languissent toujours dans les geôles birmanes. Nous pressons la communauté internationale de se souvenir que sans la libre expression, la Birmanie ne peut jamais être vraiment libre », dit la directrice générale d'ARTICLE 19, Agnès Callamard.

Les gouvernements occidentaux ont présenté la libération des prisonniers politiques comme condition préalable à la levée des sanctions économiques et financières qu'ils exercent sur la Birmanie en réponse au dossier abominable du gouvernement militaire antérieur en matière de droits de la personne.

Depuis son accession au pouvoir en mars dernier, le gouvernement de Thein Sein, élu mais soutenu par l'armée, a entrepris une série de réformes comme une amnistie générale antérieure en vertu de laquelle le comédien Zarganar a été libéré, ainsi que l'ouverture d'un dialogue avec la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi.

Entre autres gestes, on compte la levée de l'interdit imposé aux sites web de nouvelles, étrangers et en exil, dont ceux qui se montrent fréquemment critiques à l'égard de l'actuel régime et des régimes militaires précédents, et le relâchement de certaines restrictions aux médias birmans qui ne sont pas des médias d'information, comme le fait de leur accorder davantage de liberté pour couvrir les politiques gouvernementales, rapporte le CPJ.

La libération massive survient dans le sillage de l'annonce d'un cessez-le-feu entre le gouvernement birman et le groupe rebelle appelé Union nationale des Karens, rapporte ARTICLE 19. Les Karens se battent depuis plus de 60 ans pour avoir davantage d'autonomie.

« Alors que des signaux récents se sont révélés positifs au point de vue de la liberté de la presse, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant que les médias d'information de Birmanie ne soient considérés comme libres, même faiblement », dit le CPJ. « Tant que le gouvernement de Thein Sein ne mettra pas fin à la censure préalable des publications locales et n'amendera pas les diverses lois qui servent à réprimer la presse, la Birmanie comptera parmi les environnements médiatiques les plus répressifs du monde. »

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