RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Les voix critiques sont réduites au silence; un réseau de 146 ONG est interdit

Les autorités du Burundi ont interdit le 23 novembre un réseau de 146 organisations de la société civile, après des semaines d'intimidation et de menaces adressées aux militants de la société civile qui exigeaient des comptes sur les homicides survenus en 2009, selon ce que rapportent dans une déclaration conjointe Human Rights Watch, Amnistie Internationale et le Projet des défenseurs des droits de la personne dans l'Est et la Corne de l'Afrique (East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project, EHAHRDP).

Le ministre de l'Intérieur a annulé l'enregistrement juridique du Forum pour le Renforcement de la société civile (FORSC), qui représente 146 associations de la société civile burundaise.

« L'interdit prononcé par le Burundi... constitue un assaut frontal contre la liberté d'association », déclare Human Rights Watch. « C'est une tentative impudente pour faire taire la société civile dynamique du Burundi. » Cet interdit survient au moment où le pays s'apprête à tenir des élections présidentielles.

Le FORSC rassemble les organisations de la société civile pour de nombreuses campagnes sur des questions qui vont de la justice de transition à la surveillance des élections. Cette année, le Forum demande des enquêtes en profondeur sur les meurtres d'Ernest Manirumva, vice-président d'une organisation de lutte contre la corruption, et de Salvator Nsabiriho. Dans ces deux meurtres, des témoins ont déclaré que des agents de l'État étaient impliqués.

Le 7 novembre, Pacifique Nininahazwe, représentant du Forum, a rendu publique une déclaration dans laquelle il a demandé au président Pierre Nkurunziza de réagir à ces assassinats. Le ministre de l'Intérieur a convoqué le FORSC et d'autres organisations le 10 novembre et a menacé de les punir.

Ce même jour, Nininahazwe et Pierre Claver Mbonimpa, président de l'Association pour la Protection des Droits humains et des personnes détenues (A.PRO.D.H.), ont reçu des menaces de mort d'individus liés aux services de renseignement.

La semaine précédant la ratification de l'ordonnance, les deux activistes ont reçu de nouvelles menaces de mort et ont été mis en surveillance.

« L'interdiction d'une organisation plusieurs jours après qu'elle se soit prononcée ouvertement contre les menaces - en dépit des tentatives du gouvernement pour libeller l'interdit en termes juridiques formels - suscite l'inquiétude que le gouvernement vise à faire taire les voix critiques », dit l'EHAHRDP. « Plutôt que d'abolir les groupes de la société civile, il devrait engager avec eux un dialogue productif afin d'améliorer les conditions pour tous les Burundais. »

La culture d'impunité fleurit au Burundi, avec arrestations et détentions arbitraires, rapporte l'EHAHRDP. Les critiques du gouvernement sont convoqués pour interrogatoire ou emprisonnés; des journalistes se font confisquer leur travail et sont détenus et agressés. Également, les groupes politiques d'opposition font face à des contraintes dans leur travail et à des insultes.

Dernier Tweet :

Today marks 5 years in prison for Egyptian photojournalist and 2018 World Press Freedom Prize laureate @ShawkanZeidhttps://t.co/QJ4eQJmlWP