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Des journalistes sont attaqués et une recherchiste des droits de la personne est réduite au silence pendant les violences électorales

Une chercheuse du domaine des droits a été expulsée du Burundi après avoir rendu public un rapport sur la violence politique pendant les élections.
Une chercheuse du domaine des droits a été expulsée du Burundi après avoir rendu public un rapport sur la violence politique pendant les élections.

via Human Rights Watch

La violence politique s'est intensifiée au Burundi, les membres des groupes politiques réglant leurs comptes juste au moment où une série d'élections a commencé à se dérouler dans le pays, indique Human Rights Watch dans son plus récent rapport. À titre de réponse punitive, quelques jours après que le rapport sur la violence électorale eut été rendu public le 14 mai, les autorités ont ordonné à une recherchiste de Human Rights Watch de quitter le pays avant le 5 juin. Des journalistes qui couvraient les batailles électorales ont aussi été attaqués.

Intitulé « We'll Tie You Up and Shoot You » (On va t'attacher et te descendre), et produit après quatre mois de recherche par Neela Ghoshal, le rapport indique que la violence est « administrée par et contre les membres des partis politiques ». La majeure partie de la violence impliquait les deux principaux concurrents aux élections : le Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD), au pouvoir, et les Forces Nationales de Libération (FNL). Ghoshal a documenté pendant près de trois ans les violations des droits commises par toutes les parties au Burundi.

Le geste du gouvernement s'inscrit dans le cadre d'une répression plus vaste à l'approche des élections, qui ont été reportées au 28 mai, dit ARTICLE 19. « La décision d'expulser Neela Ghoshal et d'intimider les journalistes et les défenseurs des droits de la personne équivaut à réduire l'espace démocratique dans le pays, en particulier le droit à la liberté d'expression. Cela doit cesser. »

Les élections prévues entre le 28 mai et le 7 septembre surviennent après la fin de près de seize ans de guerre civile, qui a duré de 1993 à 2009; elles comprennent une élection présidentielle le 28 juin. Le CNDD-FDD et le FNL sont tous deux d'anciens groupes rebelles hutus qui ont combattu pendant la guerre une armée essentiellement tutsi. Le conflit militaire s'est transformé en une compétition politique pour obtenir le soutien de l'électorat, majoritairement hutu.

De violents affrontements entre plusieurs militants des partis se sont produits depuis septembre 2009, indique le rapport. Les combats du 9 mai entre le CNDD-FDD et des membres du FNL ont entraîné la mort d'un activiste. Des membres du FNL ont été visés tandis qu'ils déambulaient dans les rues ou directement chez eux, tandis que des membres du FNL ont enlevé et tabassé des membres du parti au pouvoir. L'incapacité à capturer les auteurs et à les traduire en justice a été particulièrement frappante dans des épisodes mettant aux prises des officiels de haut rang.

Aussi, d'après l'Association des Journalistes d'Afrique de l'Est (Eastern Africa Journalists Association, EAJA), deux journalistes qui couvraient le 23 mai des affrontements entre le CNDD-FDD et des membres du FNL ont été attaqués par des jeunes alliés au parti au pouvoir.

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