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Deux journalistes détenus pendant 48 heures

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières prend acte de la remise en liberté, le 7 novembre 2010, à 12 heures 30, d'Elyse Ngabire et de Dieudonné Hakizimana, deux journalistes employés par le journal "Iwacu". Ces derniers avaient été arrêtés le 5 novembre et ont été détenus au secret près de 48 heures.

Nul ne connaît les faits qui leur sont reprochés. Les deux journalistes devaient se présenter le 9 novembre devant le commissaire de police de Bujumbura, Arthémon Nzitabakuze.

"Bien sûr nous sommes heureux de leur libération, mais notre inquiétude reste entière. Elyse et Dieudonné ont été arrêtés sans motif, et relâchés sans motif", a déclaré à Reporters sans frontières le rédacteur en chef d'"Iwacu", Antoine Kaburahe.

"Nous partageons la vive préoccupation de la rédaction d''Iwacu' sur le sort d'Elyse Ngabire et de Dieudonné Hakizimana. Il est parfaitement anormal que les autorités burundaises se soient permis de détenir ainsi deux professionnels des médias sans fournir d'explication à qui que ce soit. Le motif de cette arrestation n'a même pas été signifié aux journalistes eux-mêmes. Que leur est-il reproché exactement ? Sur quoi les autorités se sont-elles basées pour leur refuser toute visite ?"

La longue interpellation des deux journalistes d'"Iwacu" et le fait qu'ils doivent se présenter devant la police s'ajoutent à la liste des incidents touchant depuis quelques mois la presse privée du Burundi. Rappelons que Jean-Claude Kavumbagu, directeur du journal en ligne Net Press, est détenu depuis le 17 juillet pour "trahison" et que la Radio Publique Africaine (RPA) est victime d'un acharnement des autorités. Reporters sans frontières déplore cette vague d'intimidations et d'arrestations, signe d'une véritable dégradation de la liberté de la presse.

Le 5 novembre, vers 13 heures, Elyse Ngabire et Dieudonné Hakizimana ont été arrêtés alors qu'ils venaient de rendre visite à un ami détenu à la prison centrale de Mpimba. Ils ont été conduits au Bureau Spécial de Recherche (BSR), où ils ont été interrogés et détenus pendant 48 heures.

Pendant leur détention, l'avocat du journal, Me Jean de Dieu Muhuzenge, n'a pas été autorisé à voir les deux journalistes ni à s'entretenir avec eux. Le 6 novembre, le journal "Iwacu" a dénoncé une "violation flagrante des règles de procédure, notamment les articles 92 et 93 du Code de Procédure Pénal qui prévoient que 'l'inculpé bénéficie de toutes les garanties nécessaires pour le droit à la défense, y compris l'assistance d'un Conseil' et que 'l'avocat communique librement avec l'inculpé'".

Reporters sans frontières a joint le commissaire municipal de Bujumbura, Arthémon Nzitabakuze, pour obtenir des explications sur l'arrestation des deux journalistes. Celui-ci n'a pas souhaité répondre aux questions de l'organisation.

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