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Des journalistes défient le black-out médiatique sur le massacre de Gatumba

Les victimes d’un massacre perpétré dans un bar de la ville de Gatumba, au Burundi, le 18 septembre 2011. Les journalistes ont défié un ordre du gouvernement de ne pas couvrir ce massacre
Les victimes d’un massacre perpétré dans un bar de la ville de Gatumba, au Burundi, le 18 septembre 2011. Les journalistes ont défié un ordre du gouvernement de ne pas couvrir ce massacre

Désiré Nimubona/IRIN

Les journalistes défient courageusement un ordre du gouvernement de ne pas couvrir la tuerie de Gatumba qui a fait plus de 35 morts au Burundi le mois dernier, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF). Cela semble s'inscrire dans un patron de censure.

L'exécution massive de civils est survenue le 18 septembre dans un pub de la ville septentrionale de Gatumba, située près de la frontière de la République démocratique du Congo. Deux jours plus tard, le gouvernement a ordonné le black-out médiatique sur cette importante affaire, disant que les médias pouvaient « semer la confusion, diviser la population et inciter à la confrontation », rapporte le CPJ.

Le 28 septembre, le président du Burundi a déclaré à la Voix de l'Amérique que plusieurs suspects dans cette affaire avaient été arrêtés, mais il s'est abstenu de citer des noms ou de donner des précisions quant aux motifs.

D'après RSF et le CPJ, au moins cinq stations de radio ont discuté ouvertement du massacre, contrevenant ainsi à l'interdit. La ministre des Communications du Burundi, Concilie Nibigira, a déclaré au CPJ qu'elle enquêterait sur cette violation.

Patrick Mitabaro, chef des nouvelles à Radio Isanganiro, l'une des stations qui a enquêté sur le massacre, a déclaré au CPJ qu'il est particulièrement important pour les journalistes de couvrir cette affaire parce que les enquêtes officielles sur les meurtres précédents de civils ont été loin de rendre justice.
Le CPJ ajoute que le gouvernement se livre à de l'intimidation auprès des journalistes et des radiodiffuseurs en les convoquant devant les tribunaux pour des interrogatoires et en censurant des émissions. Selon le CPJ, les journalistes indépendants « croient que l'ordre de censure fait partie d'un effort en cours de la part du gouvernement pour faire taire la couverture critique sur les sujets sensibles comme la corruption et la criminalité ».

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