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Le défi de SOS Médias Burundi pour diffuser l'information

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Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 12 janvier 2016.

Un collectif spontané de journalistes burundais, SOS Médias Burundi, assure la continuité de l'information dans le pays, malgré le climat de terreur généralisée et la répression contre les médias. Ses contributeurs, anonymes, témoignent de leur quotidien sur le web et les réseaux sociaux.


Alors que les radios burundaises, fermées par le pouvoir de Bujumbura, se sont tues depuis huit mois et que leurs directeurs et journalistes sont pour la plupart partis en exil, un collectif spontané de journalistes continue à couvrir de façon anonyme les événements qui déchirent le pays. SOS Médias Burundi, s'est constitué dans les 48 heures qui ont suivi la destruction des radios lors du putsch en mai 2015, et s'est depuis imposé comme une source incontournable d'information locale.

Doté d'un site Internet diffusant des reportages via Soundcloud, d'une page Facebook, et d'un compte Twitter, ce média improvisé s'est fixé une ligne éditoriale stricte. SOS Médias Burundi s'attache à donner la parole à toutes les parties, à ne publier qu'une information factuelle et vérifiée, et à éviter tout commentaire ou prise de position. Pour de nombreux médias internationaux, la plateforme de SOS Médias Burundi est devenue une vraie source d'information.

Ses journalistes, équipés de smartphones rapportent l'information dont ils sont témoins dans les quartiers : exactions contre les civils, arrestations arbitraires, tirs d'obus, mais aussi déclarations officielles faites lors des conférences de presse. Les informations (textes et photos) sont ensuite discutées et sélectionnées avant leur publication.

Alors que le Burundi sombre dans la guerre civile et que les forces de sécurité sont devenues l'un des principaux prédateurs des libertés, l'étau ne cesse de se resserrer contre les journalistes restés au sur place qui témoignent, sous couvert d'anonymat, d'arrestations arbitraires et de violences subies en détention. A la crainte de ces représailles s'ajoute une insécurité généralisée qui les dissuade de sortir de chez eux.

Le Burundi occupe encore la 145ème place au Classement 2015 de la liberté de la presse établi par RSF et qui couvre l'année 2014. Avec la fermeture arbitraire des médias et la persécution des journalistes depuis le début de la crise de 2015, il est peu probable que le pays se maintienne à cette position dans le Classement à venir.

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