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L'État musèle les voix critiques; des groupes civils joignent leurs forces

Prenant la parole devant le Club des correspondants étrangers en Thaïlande le 23 septembre, le dirigeant de l'opposition au Cambodge, Sam Rainsy, a accusé son gouvernement de viser les journalistes et les membres de la société civile dans sa répression des voix critiques, rapporte l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA). Par ailleurs, des groupes de la société civile au Cambodge s'activent pour mettre sur pied un réseau de défense des médias, capable d'apporter de l'aide juridique aux journalistes.

Dans une table ronde de discussion organisée par la SEAPA en collaboration avec le Club des correspondants étrangers en Thaïlande (FCCT) à Bangkok, Rainsy a déclaré que le gouvernement de Hun Sen vise à contrôler ce que les journalistes, les législateurs, les intervenants de la société civile et même leurs avocats, ont à dire, rapporte la SEAPA.

D'après la SEAPA, le 26 juin, Hang Chakra, éditeur et rédacteur en chef du « Khmer Machas Srok » a été condamné à un an de prison et à une amende de 9 millions de riels (env. 2 250 $US) pour « désinformation » et « avoir déshonoré des représentants de l'État ».

Le 8 juillet, les accusations portées contre le journaliste Sam Dith ont été abandonnées après qu'il eut écrit une lettre formelle d'excuses adressées à Hun Sen et après qu'il eut consenti à une résolution « volontaire » de cesser de faire paraître son journal, « Moneaksika Khmer » (La Conscience khmère). L'an dernier, Dith s'était vu accuser de délit criminel pour avoir publié un article qui laissait supposer des liens entre le ministre cambodgien des Affaires étrangères et l'ancien régime des Khmers rouges.

Plus récemment, le 22 septembre, le rédacteur en chef du « Cambodian Daily », Kevin Doyle, et le reporter Neou Vannarin ont été reconnus coupables de diffamation et condamnés chacun à 1 000 $US pour un article qui critiquait l'armée.

Mais les groupes de la société civile se défendent. Selon les dépêches locales, Ou Virak, directeur du Centre des droits de la personne du Cambodge, a déclaré le 28 septembre que son organisation joignait ses forces à celles de l'Aide juridique du Cambodge, de l'Initiative Justice du Cambodge, de l'Association cambodgienne pour la protection des journalistes (Cambodian Association for the Protection of Journalists, CAPJ) et du Centre cambodgien pour les médias indépendants (Cambodian Center for Independent Media) pour mettre sur pied un réseau d'avocats afin d'aider à défendre les journalistes devant les tribunaux. La plupart des avocats ne sont pas prêts à se mesurer à l'État pour défendre les journalistes, ce qui constitue un obstacle à des procès équitables; seul un petit nombre d'entre eux ont une connaissance suffisante des lois sur les médias, rapporte la SEAPA.

À Bangkok, Rainsy a ajouté que pendant que l'État harcèle les journalistes et les dirigeants politiques par des poursuites judiciaires, d'autres sont assassinés en toute quiétude. Duong Hak Sam Rithy, vice-président du CAPJ, a déclaré à la SEAPA que dix journalistes ont été assassinés par les forces gouvernementales au cours des ans.

En septembre, ARTICLE 19 a analysé le projet de Code pénal du Cambodge, qui contient de nombreuses restrictions à la liberté d'expression, notamment la possibilité d'être interdit de pratiquer le journalisme. Le Code prévoit aussi la disposition de diffamation criminelle et la prison pour certaines formes de diffamation.

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