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Les médias indépendants attaqués

Menaces, intimidation et poursuites judiciaires par le gouvernement du Cambodge ont « réduit » les médias indépendants du pays, indique Reporters sans frontières (RSF) dans un nouveau rapport. Et les restrictions à la libre expression contenues dans le nouveau code criminel vont réduire gravement l'aptitude des journalistes à rapporter les nouvelles sur la corruption qui règne chez l'élite au pouvoir et sur les abus du secteur privé.

Le rapport, intitulé « Prime Minister, you promised that no more journalists would go to prison » (Monsieur le Premier ministre, vous aviez promis que les journalistes n'iraient plus en prison), s'appuie sur les conclusions d'un délégué de RSF qui s'est rendu au Cambodge en décembre dernier pour évaluer la situation de la liberté de la presse et tenter d'influencer les autorités pour qu'elles dépénalisent les délits de presse. RSF s'est entretenu avec le ministre de l'Information, avec des diplomates, des éditeurs de journaux, des journalistes, des politiciens d'opposition et des représentants d'organisations de défense des droits de la personne.

Le prix à payer pour pratiquer le journalisme indépendant dissuade bien des journalistes de faire leur travail. « De hauts fonctionnaires n'hésitent pas à s'adresser aux tribunaux pour se venger d'articles incisifs, pour faire courir à leurs critiques le risque de fortes amendes ou de peines de prison », dit RSF. En mai 2009, les dix stations de télévision du pays étaient toutes liées au parti au pouvoir, et il n'y avait que quatre stations de radio indépendantes ou d'opposition. Les journaux d'opposition disparaissent, étant toujours assommés par les poursuites judiciaires. Et les journalistes d'opposition ne publient jamais d'articles signés en raison des arrestations et des meurtres de journalistes dans le passé. Le gouvernement n'entend pas attribuer de permis d'exploitation de radio ou de télévision à des personnalités indépendantes ou d'opposition.

Le rapport cite les révisions récentes du code criminel et l'absence de transparence qui entoure ces modifications. Bien que la Loi de 1995 sur la presse protège jusqu'à un certain point la liberté de la presse, cette loi dispose également que « la presse ne doit pas publier de reportages susceptibles d'affecter la sécurité nationale et la stabilité politique ». Les termes employés peuvent facilement être utilisés contre les journalistes. Les avocats du gouvernement contournent les sauvegardes de la presse par des poursuites judiciaires intentées en vertu du code criminel. Et la diffamation constitue toujours un crime.

Pour lire le rapport intégral:

Prime Minister, you promised that no more journalists would go to prison

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Reprieve and Release for two Ugandan journalists. In separate incidents: Top Radio journalist Richard Kasule aka Ka… https://t.co/7JNT9rLgbD