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PROFIL

Vorn Pao

Vorn Pao est un militant des droits des travailleurs dont le plaidoyer sur les bas salaires des travailleurs du Cambodge a été accueillie avec des agressions, l'emprisonnement et la menace d'être renvoyé en prison.

Un rassemblement en face de la Cour d'appel de Phnom Penh, le 24 mars 2014. AP Photo/Heng Sinith

En février 2014, alors qu'il était en prison, l'activiste cambodgienne Vorn Pao a écrit:

Pour moi, même si mon corps est enfermé en prison, mon âme, mes idéaux, ma volonté et ma conscience ne sont pas détenus.

Le 29 décembre 2013, Vorn Pao, président de l'Association démocratie indépendante pour l'économie informelle (IDEA) a rassemblé, devant l'usine de confection Yakjin à Phnom Penh, des travailleurs et des militants pour protester contre le salaire minimum. Ceci est un exemple parmi tant d'autres des actions en faveur du travail qui avaient cours depuis quelques semaines. Les 80 $ US de salaire minimum par mois fixé par le gouvernement sont bien en dessous du coût réel de la vie, ont déclaré les manifestants, qui réclamaient que ce montant soit doublé pour atteindre 160 $ ​​US. Comme le temps passait, l'agitation est devenue violente avec des manifestants qui jetaient des cocktails molotovs et des pierres, brulaient des voitures et seraient armés de couteaux pour certain. La réaction de la police a été rude. Cinq manifestants ont été tués par la police qui a fait usage des AK-47 en tirant sur un groupe de manifestants qui avait bloqué une route avec des pneus enflammés.

Puis, le 2 janvier 2014, les Forces Spéciales Militaires ont été envoyées pour repousser hors de Yakjin la manifestation. Mission qu'elles ont accomplie avec brutalité, en battant les manifestants. Vorn Pao lui-même a été battu à coups de matraque pendant qu'il était trainé au poste de police provoquant ainsi de graves blessures à la tête et à la colonne vertébrale. Le lendemain, lui et 22 autres militants qui avaient été impliqués dans les manifestations de Yakjin et d'autres – communément appelés les « 23 » - ont été inculpés et conduit par la suite dans une prison à Kampong Cham, à quelques 125 km de la capitale. Pendant plusieurs jours, ils étaient détenus au secret. Plus tard, les prisonniers diront avoir été maltraités, humiliés et avoir vécu dans des lieux surpeuplés dans des conditions désastreuses que Vorn Pao décrit comme «pas indiquées pour les êtres humains».

Pourtant, quand Vorn Pao et les autres du groupe dit des 23 sont venus au procès en avril 2014, ce sont eux qui ont été accusés de violence. Le Centre cambodgien pour les droits humains (CCHR) a souligné des failles critiques dans le procès, y compris le refus de la cour d'autoriser à la projection d'une vidéo clairement montrant Vorn Pao appelant les manifestants à laisser tomber la violence. La preuve vidéo des manifestations brandie par le procureur n'a pas montré des images des accusés prenant part aux attaques violentes et certaines déclarations ont été présentées comme ayant été obtenues sous la contrainte. Le CCHR a ajouté que le tribunal était « ni impartial, ni indépendant » avec des procureurs et des juges se référant à plusieurs reprises aux accusés comme des « groupes illégaux », « anarchistes » et des « bandits ».

Malgré ces préoccupations, les 23 ont été condamnés à des peines de prison avec sursis allant de un à quatre ans et demi. Vorn Pao, accusé d'être l'instigateur de la violence, a reçu une peine de quatre ans et un mois, plus une amende de 8 millions de riels - environ 2000 $ US. Bien que libérés lorsque le procès s'est clôturé en mai 2014, ils vivent sous la menace constante d'être renvoyé en prison pour purger le reste de leurs peines en cas de condamnation pour une autre infraction. Vorn Pao a fait appel de la condamnation.

Sa vie a été une action continuelle contre l'injustice sociale. Ayant travaillé pour une usine de confection de vêtements vers la fin des années 1990, cela a donné à Vorn Pao une expérience de première main des mauvaises conditions de travail qui sévissent au Cambodge. Cela l'a amené à devenir un dirigeant syndical, organisant des manifestations et des grèves qui l'ont finalement conduit à son licenciement. Il a continué à travailler comme chauffeur de taxi et il a mis en place un autre syndicat pour les chauffeurs de taxis et de tuk tuk (sorte de moto à trois pneus avec habitacle pour passager) à Phnom Penh, qui a évolué en IDEA. IDEA s'est étendue à d'autres villes et représente d'autres travailleurs du secteur l'économie informelle tels que les vendeurs de rue (à la crié) et les travailleurs de la restauration. Il a également uni ses forces avec d'autres militants au Cambodge, y compris ceux qui se battent pour les droits fonciers et les réformes démocratiques.

Le combat continue. En juin 2015, IDEA a été à la pointe des actions condamnant une nouvelle proposition de loi sur les ONGs qui a été adoptée en dépit du tollé national et international qu'elle a provoqué. La Commission internationale des juristes décrit cette loi comme « prête à entraver le travail de la société civile ». Puis, au début de janvier 2016, Vorn Pao a été menacé d'une action en justice pour l'organisation d'un événement commémorant les morts des manifestations de janvier 2014. L'antipathie du gouvernement actuel envers les organisations de la société civile est telle que le travail de Vorn Pao devient encore plus difficile.

« Je vais continuer à protester. Je vais enseigner à une nouvelle génération ce que j'ai vécu », a déclaré à la Voix de l'Amérique Vorn Pao en janvier 2015.

Dernière mise à jour: 23 janvier 2016

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